Le SU Agen lance un cri d’alarme face à une crise financière sans précédent. Jean-François Fonteneau, président du club historique de Pro D2, révèle une situation critique qui menace la survie de l’entité agenaise.
« Je tire une forme de sonnette d’alarme, mais ce n’est pas nouveau. Je ne peux pas continuer à faire ce que je fais depuis trois ans », confie-t-il dans les colonnes de Sud-Ouest. Après avoir injecté 1,5 million d’euros la saison dernière puis 2 millions cette année pour éponger les dettes, le dirigeant est à bout de ressources personnelles. « Ça ne peut pas durer. Je ne peux pas mettre en péril ma situation personnelle. Je ne suis pas Mohed Altrad… »
Au cœur de cette tourmente financière, le stade Armandie, censé être un atout, s’avère un véritable fardeau. « Entre le loyer de 330 000 euros, l’entretien (en dehors de la pelouse), et le remboursement du prêt pour les travaux (5,5 M€ sur les 8 M€ investis), le stade nous coûte 1,3 M€ par saison. C’est un fardeau à porter, qui correspond à notre déficit », explique le président.
Pour sauver le club et préserver les emplois de la centaine de salariés, une rigueur budgétaire s’impose. La masse salariale des joueurs va drastiquement diminuer, passant de 4,7 millions d’euros il y a trois ans à 3,2 millions la saison prochaine. À ce sujet, le manager Mauricio Reggiardo tente de rassurer : « Les décisions financières n’affectent pas la performance de l’équipe ».
L’avenir du SU Agen repose désormais sur de nouveaux projets ambitieux, voire révolutionnaires. Un partenariat innovant autour d’un sucre spécial est notamment envisagé. Toutefois, sans l’arrivée de partenaires majeurs, le budget du club ne pourra pas dépasser les 12 millions d’euros. « Aujourd’hui, avec des charges incompressibles, notre modèle économique est à 11 M€, tant qu’on n’a pas trouvé d’autres partenaires », avertit le président.
Le SU Agen, fort de ses huit boucliers de Brennus, se trouve à un tournant décisif : se réinventer ou sombrer dans un déclassement inéluctable. La vigilance est de mise, car si le club reste un acteur important pour la télévision, sa pérennité structurelle est aujourd’hui plus que jamais menacée.







