Dimanche, l’Union Bordeaux-Bègles (UBB) reçoit Leicester à Chaban-Delmas pour un huitième de finale de la Champions Cup. Les Girondins visent un objectif clair : conserver leur titre européen.
Dans une interview accordée à Midi Olympique, le demi de mêlée Maxime Lucu souligne l’importance capitale de cette compétition pour son équipe. « La fièvre de la Coupe d’Europe, elle a pris depuis un petit moment à Bordeaux. Pendant un temps ce ne fut pas forcément l’objectif premier, mais c’est arrivé, notamment avec Yannick Bru. On nous a inculqué ça, et la mayonnaise a aussi pris au niveau du public. Bien sûr, on le voit aussi tous les week-ends en Top 14, mais il est vrai que la Coupe d’Europe amène aussi quelque chose de plus de ce côté-là, et notamment parce qu’on sait que les équipes anglo-saxonnes se déplacent souvent avec du public, on l’a vu l’année dernière. »
Pour Lucu, décrocher le titre européen a placé une lourde pression sur l’UBB cette saison. « C’est paradoxal, mais je trouve que ça nous a changé énormément la vie en Top 14, où on nous a pas mal mis la pression là-dessus. On s’est sentis bien attendus à chaque déplacement ou à chaque réception. On a senti cette année que les équipes adverses jouaient contre les champions d’Europe quand elles retrouvaient l’UBB. En Coupe d’Europe proprement dite, on savait très bien que cette épreuve est un sprint. »
Le parcours européen s’annonce encore plus ardu cette année, le tableau étant plus relevé que la saison précédente. « Je pense qu’on a eu un parcours un petit peu plus difficile que l’an passé. Quand on voit le tableau de cette année on se rend compte qu’il est encore plus difficile que ce qu’on a pu avoir l’année dernière (possibilité de retrouver Toulouse dès les quarts, NDLR). Mais à nous de montrer qu’on est capable de rivaliser avec n’importe qui. »
Maxime Lucu prévoit un duel très physique face aux Tigers. « Leicester est une équipe très physique, on l’a eu l’année dernière en phase de poules, ça n’a pas forcément beaucoup changé. Elle met beaucoup de pression en défense, elle monte très fort et ferme pas mal les extérieurs. C’est une équipe anglo-saxonne qui utilise pas mal le jeu au pied, elle essaye aussi un petit peu d’endormir l’adversaire et aussi de trouver des failles, notamment sur les réceptions de ballons et on sait que c’est au niveau international maintenant et européen, une phase de jeu qui est hyperimportante. On l’a vu notamment sur le France-Angleterre à la fin du tournoi. »
Le joueur revient aussi sur le repositionnement de Damian Penaud au centre, en l’absence de Nicolas Depoortere. « C’est quand même quelqu’un qui a été formé à ce poste et qui a énormément de connaissances. Il s’est révélé au centre quand il avait entre 18 et 20 ans. Il fallait qu’il retrouve ses automatismes. Quand tu as joué cinq, six ans à aile il faut forcément avoir un petit temps d’adaptation quand on revient au centre. Il faut notamment trouver des automatismes avec les mecs qu’il a à côté. C’est vrai que c’est pour ça qu’on a essayé depuis deux matchs de lui donner le numéro 13. On voit qu’il y est hyperperformant. C’est quelqu’un qui aime le ballon, qui aime beaucoup bouger, notamment se proposer. C’est ce qu’on lui demande. Il faut trouver les automatismes avec Yoram c’est sûr, mais plus les matchs avanceront et plus il sera à l’aise. Donc, il faut lui laisser du temps. Parfois, il y a des petites scories, des petites erreurs, mais c’est parce qu’il faut accumuler des matchs pour vraiment performer, notamment au niveau européen, au niveau international. Nous sommes contents de ce qu’il donne depuis deux matchs. Il a toujours aimé être au cœur du trafic, même depuis l’aile. Il apporte ce côté funambule qu’on aime chez lui. En 13, on a tout le temps des ballons, il est obligé de prendre encore plus d’initiatives et de responsabilités. »
Blessé au pouce au début de la saison, Lucu a dû repenser son entraînement, incapable de travailler le haut du corps. Résultat, il a pris deux kilos pour se renforcer et mieux encaisser les impacts. « Avec un pouce blessé, forcément, il est difficile de faire de la musculation du haut du corps. Donc, j’avais beaucoup couru, beaucoup fondu. Et j’ai trouvé que sur les matchs, de la tournée de novembre j’étais un petit peu dans le dur, physiquement en tout cas, sur les impacts. Courir partout, ça n’a pas trop été un problème. Mais par contre, sur les contacts, ce fut plus difficile. Donc, il a fallu retravailler ça. Donc, j’ai pris deux kilos de plus, travaillé physiquement. Et ça m’a permis d’être beaucoup plus à l’aise sur ma reprise. Et surtout, de gagner un petit peu de repos de travailler mentalement aussi. C’était important de prendre de la fraîcheur et même de travailler techniquement et physiquement puisque j’avais plus de vacances que d’habitude. »
À quelques jours de ce choc européen, l’UBB entend bien défendre son titre avec détermination et unité face à Leicester.







