Le verdict dans le procès en appel de Denis Coulson, Loïck Jammes et Rory Grice, anciens joueurs du FC Grenoble, sera rendu ce vendredi soir par la cour d’assises de la Charente. Les trois hommes sont poursuivis pour le viol d’une jeune femme en 2017, après un match de Top 14 à Bordeaux.
Condamnés en première instance à des peines de 12 à 14 ans de réclusion, ils espèrent obtenir l’acquittement. La clé du dossier repose sur la question du consentement de la plaignante, au cœur d’une bataille d’experts.
Pour la défense, l’innocence des rugbymen est évidente. Elle s’appuie notamment sur une vidéo de 55 secondes filmée par Coulson lui-même. Selon Me Corinne Dreyfus-Schmidt, « La séquence montrerait une jeune femme « active », aux mouvements coordonnés ». La défense réfute tout état de contrainte et soutient que la victime « avait regagné la chambre d’un pas assuré ».
Rory Grice, pour sa part, cherche à isoler son cas. Son avocat, Denis Fayolle, rappelle dans Midi Olympique que son client a passé la nuit avec une autre femme « sans que cela ne pose le moindre problème ». Il affirme que le joueur est « arrivé au dernier moment » dans la chambre et n’y serait resté que « dix minutes tout au plus ». Me Fayolle rejette également toute comparaison avec des affaires de soumission chimique : « Ça n’a rien à voir », martèle-t-il.
À l’opposé, la partie civile dépeint une scène d’une extrême violence, mettant en avant l’incapacité de la victime à réagir. Maître Victoria Nauche s’appuie sur des témoignages d’experts : « Nous avons entendu deux experts qui ont expliqué ce qui se passe dans le cerveau lorsqu’on est très alcoolisé. La victime l’était effectivement beaucoup, et s’est trouvée dans ce qu’ils appellent un état subconfusionnel, proche d’un état comateux… ».
Dans cet état, « la personne n’est plus en mesure de comprendre ce qui se passe autour d’elle ni de réagir autrement qu’à des ordres. C’est un état que les experts ont clairement identifié dans ce dossier », rappelle l’avocate. La plaignante ne garde aucun souvenir des faits, hormis une douleur aiguë au réveil. « Pensez-vous que l’on puisse vraiment consentir à un tel rapport ? », a questionné l’avocat Gaessy Gros.
Le verdict attendu ce vendredi soir scellera l’issue judiciaire de ces trois hommes. En cas de condamnation, ils retourneront en prison pour purger de lourdes peines. Dans le cas contraire, ils pourraient enfin recouvrer la liberté après neuf ans de procédures.







