Antoine Dupont, capitaine du Stade Toulousain, sera titulaire ce samedi face à Bristol pour le huitième de finale de la Champions Cup. Après une longue période de blessure, il a partagé dans Midi Olympique son retour à la compétition et les défis physiques et mentaux que représente cette phase cruciale de la saison.
« C’est toujours long à vivre. Avec la semaine de repos et celle de préparation, on arrive à sept, huit semaines. Tu es toujours sous tension, avec un match de phases finales à disputer chaque week-end. Et ce sont les montagnes russes : on te dit que tu vas gagner le grand chelem, puis tu perds un match et tu as l’impression d’être éliminé alors que tu as encore la gagne à jouer le week-end d’après. »
Pour le capitaine français, cette tension constante épuise autant le mental que le corps : « On a eu la chance de jouer le jeudi la première semaine, ce qui nous a permis de bien gérer l’enchaînement des trois matchs et de pouvoir finir sur les deux derniers, même si j’ai eu cette maladie. Ça a été long et éprouvant, aussi bien mentalement que physiquement, surtout à cause de cette tension qui ne redescend jamais. Ça s’est bien fini pour nous, mais il a fallu attendre la dernière seconde. »
Son ambition est claire : « La tension, je ne sais pas. Gagner quelque chose, oui. Tout ce qu’il y a avant, même jusqu’à l’échauffement, ce n’est pas là où je prends le plus de plaisir. Ce que j’aime, c’est vraiment être sur le terrain. Et c’est le soulagement, comme l’autre jour, qui apporte ce qu’il y a de plus jouissif dans ce sport. »
Toulouse entre dans une phase décisive de la saison avec le retour des internationaux et les matches à élimination directe. Dupont souligne l’importance de gérer ce moment charnière : « C’est une période importante, il ne faut pas la négliger. On en a l’expérience au club. Il est capital de rééquilibrer les dynamiques des différents collectifs : d’un côté, ceux qui ont gagné le Tournoi avec l’équipe de France ; de l’autre, ceux qui sont restés ici et ont fait le job. Le match de Montpellier nous a servis d’alignement. Il était loin d’être parfait, même si le résultat a été au rendez-vous. Cette semaine à l’entraînement, c’était beaucoup mieux que la précédente, avec beaucoup moins d’approximations. Je pense que le fait d’avoir un match de phases finales fait monter le curseur et amène chacun à son meilleur niveau. »
Le capitaine s’est aussi exprimé sur les déclarations d’Ugo Mola, rappelant que le club vise encore des trophées. « C’est ce qui nous anime de toute façon. Même s’il y en a qui ont beaucoup gagné, on reste des jeunes joueurs. La majorité de l’équipe a moins de 30 ans, ou juste la trentaine. Il nous reste encore quelques saisons devant nous. Si on n’a plus d’objectifs, ça risque d’être long de s’entraîner et de jouer. On sait à quel point il est difficile de rester en haut. »
« Ugo est là pour nous le rappeler assez souvent. On n’est pas à un stade de notre carrière où l’on cherche à se situer par rapport aux autres générations ou aux autres équipes. Nous sommes encore en plein dedans et on a le potentiel pour gagner encore des choses. On aura largement le temps, plus tard, de s’asseoir autour d’un café et de regarder notre place dans les palmarès. »
Sa priorité actuelle ? Relever le défi de la Champions Cup après la déception de la saison dernière. « À chaque fois qu’on perd un trophée, l’ambition est multipliée l’année suivante. C’est toujours dur de voir un titre nous échapper. Il y a beaucoup d’ambition, mais ça n’a pas pour autant suffi lors des matchs de poule. J’espère qu’on aura appris de ça. On ne peut pas se contenter d’entrer sur le terrain en se disant qu’on a envie ou qu’on doit gagner. Il faut mettre les choses dans l’ordre. Le niveau de cette compétition augmente chaque année. Il faut être au niveau à chaque fois, surtout lors des matchs de phase finale : là, on n’a plus le droit à l’erreur. »
« L’énergie est différente. Peut-être qu’il y en a un peu plus quand tu as envie de regagner. Tu es plus sous pression, plus sous tension, avec cette envie de corriger ce que tu as manqué l’année d’avant. On se rend toujours compte de la chance qu’on a d’avoir quelque chose quand on le perd… C’est le cas avec les trophées. Ça n’empêche pas qu’on a envie de garder le Brennus cette année. »
Antoine Dupont et Toulouse entendent bien faire de cette saison un chapitre glorieux de leur histoire, avec pour objectif la conquête de nouveaux titres.







