Le procès en appel des anciens joueurs du FC Grenoble se déroule actuellement, avec un verdict attendu ce vendredi soir.
Ces deux derniers jours, la cour d’appel a prolongé ses audiences bien au-delà des horaires habituels, siégeant jusqu’à 23 heures mercredi et jeudi pour entendre les trois principaux mis en cause. Selon Midi Olympique, la séance, débutée à 9 heures, s’est donc étirée tard dans la nuit.
Au cœur des débats, l’audition émouvante de Loick Jammes, ancien talonneur, qui a duré près de quatre heures. Il a exprimé ses regrets tout en soulignant une consommation excessive d’alcool lors des faits. Si la réalité des rapports sexuels n’est pas contestée, un point clé divise encore les parties : l’usage présumé d’un objet métallique, une béquille.
### La bataille scientifique autour de l’ADN
La défense, menée par Me Denis Dreyfus, remet en cause la fiabilité des preuves matérielles, notamment grâce à une contre-expertise. « L’analyse ADN qui semblait démontrer l’utilisation de la béquille ne serait pas fiable », estime-t-elle en citant le professeur Christian Doutremepuich, dans l’espoir de semer le doute sur l’emploi de cet objet appartenant à Chris Farrell, condamné en première instance pour non-empêchement de crime.
À l’inverse, les avocats de la partie civile maintiennent une version ferme. Ils affirment que la plaignante n’était absolument pas consentante et que l’usage de la béquille ainsi que d’autres objets repose sur une mémoire corporelle précise.
Me Anne Cadiot-Feidt, avocate de la partie civile, a livré un témoignage poignant lors de l’audience :
« Ma cliente n’a pas été bousculée par la défense, il faut le dire. Elle a raconté la nuit de violence épouvantable qu’elle a vécue (le 12 mars 2017, dans un hôtel de Mérignac, quelques heures après la défaite des joueurs de Grenoble face à l’UBB en Top 14). Elle a rappelé l’amnésie dont elle est encore atteinte aujourd’hui, entre la boîte de nuit et cette sortie de l’inconscience sous l’effet d’un objet introduit dans son vagin (une béquille) ayant produit une douleur intense.
Elle a raconté qu’elle n’était pas la fêtarde ou la poule des stades qui guette les gladiateurs à la sortie du vestiaire. Elle a raconté cette sensation de souillure, son suivi thérapeutique. Elle maintient sa thèse. Cette femme et ces garçons sont liés à vie par une histoire commune faite de douleurs. Il leur faudra apprendre à vivre avec. »
### Verdict attendu dans la nuit de vendredi
Le procès entre désormais dans sa phase finale avec la présentation des réquisitions de l’avocat général ce vendredi matin, suivies des dernières plaidoiries.
Le verdict, lui, ne sera rendu que tard dans la soirée.
Trois accusés font front commun en maintenant leur défense : ils affirment avoir cru au consentement de la victime. La cour devra trancher entre la confirmation des lourdes peines prononcées en première instance ou un éventuel acquittement si un doute subsiste sur l’intention criminelle.







