Jean-Baptiste Elissalde et Philippe Spanghero dénoncent une formule de Champions Cup « catastrophique »
La Champions Cup fait face à de vives critiques de la part de spécialistes français, parmi lesquels Jean-Baptiste Elissalde et Philippe Spanghero, qui pointent du doigt la formule actuelle de la compétition européenne.
Sur Sud Radio, Elissalde n’a pas mâché ses mots : « Je vais être un peu vexant mais je trouve que la compétition est catastrophique. Je ne comprends pas comment tu peux te qualifier en perdant deux ou trois matches en poule. » Selon lui, cette configuration entraîne des écarts de niveau trop importants et des rencontres déséquilibrées, à l’image de l’Union Bordeaux-Bègles (64-14 face à Leicester) ou du Stade Toulousain (59-26 contre Bristol).
« On en arrive à qualifier le tout venant, ceux qui ont un peu de réussite et les meilleurs. Puis quand les meilleurs jouent ceux qui ont eu un peu de réussite, il y a 50 points d’écart », déplore-t-il, avant d’ajouter : « On attend les quarts de finale et malheureusement les deux meilleures équipes françaises vont s’affronter et on va en perdre une, ainsi que deux équipes anglaises, à savoir Bath / Northampton. »
Elissalde s’interroge également sur la présence des équipes sud-africaines dans la compétition : « Je ne comprends pas ce que font les sud-africains ici car quand ils viennent en Europe ils font des impasses. »
Pour lui, l’intérêt sportif est mis à mal par une formule qui, si elle rapporte en termes d’audience et d’argent, risque de « désenchanter les gens quand les scores sont faits dès la mi-temps et que tu peux quasiment éteindre ta télé et faire un tour au parc avec tes enfants… »
Même constat amer chez Philippe Spanghero : « Les organisateurs de cette compétition doivent se gratter la tête. On avait eu le débat l’année dernière et ils défendent leur bilan qui est plutôt bon sur les chiffres. Les audiences, le nombre de spectateurs, c’est une belle fête comme à Chaban-Delmas. Mais quand on aime le rugby, on a envie de suspense et d’incertitude lors de la phase finale. Dans les quarts de finale, ça doit se resserrer. Mais quel est l’intérêt de ces huitièmes ? Cette question est renforcée avec ce qu’on a vu ce week-end avec Toulouse et l’UBB. »
Les deux consultants soulignent ainsi un déséquilibre grandissant entre les équipes du Top 14, en particulier Bordeaux et Toulouse, et leurs adversaires européens, souvent jugés de plusieurs crans en dessous.
Alors que la compétition continue, la polémique autour de son format semble loin de s’éteindre, entre exigences sportives et ambitions économiques.







