
À 35 ans, Mako Vunipola, pilier solide et figure emblématique du rugby anglais, s’apprête à mettre fin à son aventure française. Après une période à Vannes, il retourne en Angleterre pour rejoindre les Leicester Tigers et relever un ultime défi avant de raccrocher les crampons et se lancer dans une carrière d’entraîneur.
Dans une longue interview accordée au Times, Vunipola revient sans détour sur son passage en Bretagne, décrit comme complexe, notamment pour sa famille.
Une expérience bretonne difficile
Le joueur avoue que les longs déplacements en bus pour les rencontres de Pro D2 — ainsi que la barrière de la langue — ont pesé lourdement sur son quotidien et celui de ses proches.
Il confie :
« Pour la famille, c’est certain. Ça a été beaucoup plus dur que je ne le pensais, avec les enfants à l’école et la barrière de la langue. »
De plus, Mako a découvert le fonctionnement particulier du rugby français, où la règle des JIFF (Joueurs Issus des Filières de Formation) valorise les talents locaux.
Il explique :
« Le rugby français est assez fidèle aux talents locaux avec la règle JIFF. Donc, à moins d’être un étranger qui joue vraiment très bien, ils essaient le plus souvent de réduire les coûts dès que possible. »
Un dernier défi sous les couleurs de Leicester
C’est son ancien coéquipier Geoff Parling qui l’a convaincu de revenir en Premiership pour une saison avec les Leicester Tigers. Au-delà de l’aspect sportif, Vunipola voit là l’opportunité de s’initier au métier d’entraîneur, en accompagnant les jeunes de l’académie.
Il raconte :
« J’ai été un peu choqué. La grande raison pour laquelle je reviens, c’est Geoff. Il m’a expliqué la direction qu’il donne au groupe et comment il voit ma place pour aider. »
Conscient que cette saison est sans doute la dernière de sa carrière, il entend bien la terminer sur une note positive.
« Je sais que c’est probablement la dernière année où je jouerai, donc je veux finir sur une bonne note. Le rugby m’a tellement donné que je ne veux pas partir avec un goût amer à la fin. »
Un dernier rêve : la Coupe du Monde 2027 ?
Sur le plan international, Mako Vunipola pourrait encore disputer la Coupe du Monde 2027 avec les Tonga, son pays natal. Mais il nourrit des doutes, préférant ne pas bloquer la place d’une jeune génération prometteuse.
Il confie :
« Jouer une autre Coupe du Monde serait génial, mais il y a des jeunes qui jouent en Nouvelle-Zélande pour qui l’exposition serait immense. J’ai déjà fait ça, donc arriver là-bas en boitant serait injuste pour un joueur plus jeune. »
Son objectif désormais est clair : s’impliquer pleinement avec Leicester avant de transmettre son immense expérience en tant qu’entraîneur.







