Les dirigeants du FC Grenoble ont pris une décision radicale face à une controverse liée à leur projet de recrutement.
Le club isérois avait en effet envisagé d’engager Pierre Caillet comme manager pour les prochaines saisons. Mais l’annonce de la condamnation du technicien pour des faits de violences conjugales a changé la donne. Le FCG a aussitôt renoncé à son recrutement.
Dans un entretien accordé au Parisien, Patrick Goffi, président du club, s’est livré sans détour sur ce dossier sensible. « Quand on a entamé les discussions avec lui, via son agent, toutes ces turbulences n’étaient pas connues. Quand c’est sorti, tout a été clair. Que ce soit moi ou l’ensemble du club, nous n’avons pas hésité. Nous avons agi en toute transparence. Notre ligne de conduite est simple. La décision a été naturelle. Nous ne sommes pas là pour juger qui que ce soit mais nous nous rangeons derrière les instances judiciaires. À partir du moment où il est condamné, les choses sont établies, il ne peut pas être associé au club. »
Face à ceux qui défendent la séparation entre vie privée et vie professionnelle, Patrick Goffi s’affirme catégorique : « Quand on est à la tête d’un club, que ce soit en rugby ou dans n’importe quel autre sport, on ne peut pas déroger à certaines valeurs. Un club, ce n’est pas seulement l’entité professionnelle, c’est aussi tout un secteur amateur, une section féminine, de la formation, des gamins. Rien ne peut dépasser l’éthique. Rien ne prime sur le rôle éducatif que nous avons. »
Il ajoute : « D’autant plus aujourd’hui alors que la médiatisation est beaucoup plus importante. Nous devons donner l’exemple. Nous devons renvoyer une image parfaite. C’est le minimum que nous pouvons faire. L’éthique, l’honnêteté, l’humilité sont des valeurs fondamentales qui passent bien avant tout autre considération. »
Toutefois, le président rappelle qu’il ne s’agit pas d’une condamnation à vie et qu’il n’est pas là pour juger personnellement Pierre Caillet. « Je le répète, nous ne sommes pas là pour juger. Nous ne l’avons pas recruté mais ça ne veut pas dire que ce n’est pas un bon manager. Il n’est pas condamné à vie. Je suis sûr qu’il va s’attacher à tenter de corriger ce qui peut l’être. Chaque situation peut être différente. Chacun agit comme il l’entend. Moi je parle au nom de l’entité du FC Grenoble. Et je pense en premier lieu à toutes les composantes du club, à leurs proches, aux supporters… »
Cette détermination à maintenir une ligne éthique forte n’est pas nouvelle. Patrick Goffi rappelle avoir déjà pris la même décision avec Nicolas Nadau, aujourd’hui à l’USAP, pour des raisons similaires. « C’est exactement la même chose. Il n’y avait rien à dire sur sa valeur professionnelle. Il était reconnu et apprécié par tout le monde mais son comportement a dépassé la limite. Il n’y a rien au-dessus de l’institution. Il faut le marteler. L’éthique et le respect envers les autres doivent être les fondements d’une réussite. Tout le reste passe après. »
Enfin, le président dément toute concession face à la menace de grève émise par les joueurs du club. « Ce n’est pas parce qu’ils ont voulu faire grève que j’ai cédé. Il faut que les actes soient en accord avec les discours. Sinon, il n’y a plus aucune crédibilité. Les joueurs l’ont compris. »
Le FC Grenoble affiche ainsi sa volonté claire : l’éthique prime avant tout, quelle que soit la pression.






