
Antoine Dupont, demi de mêlée du Stade Toulousain, s’est confié à La Dépêche à l’approche du quart de finale de Champions Cup face à l’UBB, dimanche à Chaban-Delmas. L’international français, habitué aux grands rendez-vous, souligne l’expérience acquise par son équipe face à ce type d’adversaires et dans ce type de contexte.
« Je pense qu’on est habitués à jouer ce genre de match de phases finales contre des équipes qu’on connaît, des joueurs qu’on connaît. On a cette expérience-là maintenant. On sait qu’on va dans un contexte difficile, les matchs à l’extérieur de phases finales, c’est toujours plus compliqué, donc on l’a préparé le plus sérieusement possible, à la hauteur de l’enjeu », déclare-t-il.
La blessure morale de la saison passée reste vive dans les mémoires. Toulouse avait été éliminé en demi-finale à Bordeaux, un échec d’autant plus dur que le club venait de perdre son titre de champion d’Europe. Dupont ne minimise pas la portée de cette défaite : « Au-delà de perdre un match à Bordeaux, c’était aussi perdre une demi-finale et laisser notre titre de champions d’Europe. Donc c’est ça aussi qui a été dur à digérer. Quand on a gagné une compétition et qu’on sort en demie l’année d’après, c’est toujours compliqué. Et surtout, il y avait des regrets sur la sensation de ne pas avoir joué à notre niveau, de ne pas avoir montré notre vrai visage, si ce n’est sur les 20 dernières minutes peut-être. »
Pour autant, il écarte toute idée d’excuses liées aux absences de certains cadres à l’époque. « Ça pouvait être des excuses qui avaient été trouvées par la presse ou l’entourage : ‘Il manquait lui ou lui’, ou ‘lui n’était pas à son niveau’. Mais de toute façon, ça ne fait pas avancer les choses d’avoir ces débats-là. Aujourd’hui, on s’est concentrés avec les forces en présence qu’on avait. » Il rappelle que les blessures sont une réalité pour toutes les équipes et appelle ses coéquipiers à se montrer au meilleur niveau pour aller loin dans la compétition.
Conscient que la rencontre se disputera devant un public presque exclusivement bordelais, le capitaine toulousain affiche une confiance mesurée : « À une grosse ambiance comme on le voit tous les week-ends. Ils ont un stade qui est plein, avec un public qui est présent. C’est toujours plaisant de voir des équipes et des villes qui arrivent à fédérer un public, qui est fidèle et qui pousse derrière son équipe. Donc j’espère qu’on aura quand même des supporters à nous qui feront le déplacement et qui pousseront pour nous. Mais comme je le disais, c’est toujours un contexte plus ‘hostile’ quand on se déplace et on ne pourra pas être surpris par ça. »
L’an passé, Dupont avait manqué les phases finales en raison d’une blessure au genou. Il savoure cette fois la possibilité de jouer ces matchs importants. « Bien sûr que quand on passe des phases finales dans les tribunes, ce sont toujours des moments compliqués. On s’entraîne toute la saison pour pouvoir vivre ces moments-là et on se sent toujours impuissants. Maintenant, je pense que tout le monde aura de l’enthousiasme et l’énergie nécessaire au vu du scénario de l’année dernière. On sait l’importance qu’a cette compétition pour le club, et comme je l’ai dit, en sortir en demi-finale avec des regrets, ce ne sont pas des choses qui nous ressemblent. Donc je pense que tout le monde aura à cœur de montrer un autre visage ce week-end. »
Dupont confirme que la bataille face à l’UBB sera féroce, chaque détail pouvant faire la différence. « Cela se jouera sur des détails comme tout match de phases finales. Chaque année, les équipes évoluent, les défenses essaient de s’adapter, les attaques aussi. Je ne suis pas inquiet, je pense qu’ils nous auront bien préparé une ou deux surprises qu’on n’attendra pas. Mais bien sûr qu’on les connaît à 80 ou 90 %. Et inversement, ils nous connaissent par cœur. Comme tout match couperet, ça se joue toujours sur des toutes petites choses qui font à ce niveau-là des grandes différences. »
Il souligne également la qualité et la constance des Girondins, tenants du titre, parmi les meilleures équipes européennes. « Je pense qu’on est deux équipes à abattre. Mais c’est vrai que dans cette compétition, ce sont eux les tenants du titre. Et ce sont eux qui leadent depuis le début avec des matchs assez impressionnants, que ce soit en poule ou encore le week-end dernier, où ils n’ont pas été accrochés une fois. On voit qu’ils ont beaucoup de réussite et de qualité dans cette compétition. On se déplace chez le champion d’Europe et ça, on en est bien conscients. Je pense que ça ne peut que nous permettre de nous préparer encore mieux avec plus de concentration, plus d’attention, et notamment sur tous ces petits détails qui se préparent dès le début de semaine. »
Enfin, il revient sur la rivalité sportive qui oppose Toulouse à Bordeaux, loin des clichés traditionnels. « Quand il y a deux équipes qui performent, on a toujours envie de les comparer. Ça a été La Rochelle un temps, ça a été Clermont avant. Il y a toujours eu une équipe en face de nous qui était très performante et il fallait qu’on sorte nos plus grands matchs si on voulait gagner contre eux. Aujourd’hui, c’est Bordeaux qui a beaucoup de réussite, beaucoup de qualités, comme on le voit depuis plusieurs saisons, qui ne cesse de progresser. C’est une équipe qui devient de plus en plus complète dans son jeu et qui poussera notre équipe à jouer son meilleur rugby pour rivaliser. Hors rugby, la rivalité Toulouse – Bordeaux n’est pas d’aujourd’hui, cela n’a fait qu’accentuer ça mais c’est plus pour le café au comptoir qu’autre chose. »







