Alors que Gaël Fickou dénonçait des joueurs qui feraient « exprès d’être cata » lors des tests de référence, et qu’Antoine Dupont exprimait des « doutes » sur la fiabilité des examens, la Ligue Nationale de Rugby (LNR) a souhaité réagir avec fermeté. Pour elle, la sécurité des joueurs ne repose pas uniquement sur leur bonne foi.
Contactée par RMC Sport, la LNR a tenu à rappeler que le protocole de détection des commotions cérébrales est avant tout un dispositif médical solide, « structuré, indépendant et à plusieurs niveaux de contrôle, précisément conçu pour limiter toute possibilité de contournement. » Elle appelle cependant à la prudence, soulignant qu’il ne faut pas « généraliser des situations individuelles ou des perceptions ».
Le protocole s’appuie sur trois étapes clés, formant une véritable chaîne de vigilance pour protéger les joueurs :
1. **Le contrôle en match (HIA1)**
Lors d’un choc suspect, une évaluation immédiate est réalisée. Celle-ci combine plusieurs exercices, notamment des tests de mémoire comparés au test de référence du début de saison, ainsi que des questions d’orientation et d’équilibre, « beaucoup plus difficiles à contourner ». En cas de symptômes évidents comme une perte de connaissance, un étourdissement marqué ou une ataxie, le joueur est systématiquement sorti du terrain sans test additionnel.
2. **Le contrôle post-match (HIA2)**
Trois heures après la rencontre, un second examen médical intervient pour s’assurer de l’absence de symptômes, même chez les joueurs ayant repris la partie après le protocole en match.
3. **Le bilan à 72 heures (HIA3)**
Cette étape finale est réalisée par le neurologue référent du club. Elle est obligatoire pour tous les joueurs concernés, sans reprise de l’entraînement pendant cette période. Si une commotion est diagnostiquée à ce stade, l’arrêt de jeu est fixé à 12 jours minimum, éventuellement réduit à 7 jours après avis d’un neurologue indépendant de la LNR.
La Ligue reconnaît que certaines discussions peuvent exister concernant la perception de ces tests mais insiste : le cadre réglementaire actuel est l’un des plus stricts du sport professionnel. « L’objectif reste de protéger les joueurs, parfois contre leur propre envie de rester sur le terrain dans le feu de l’action. »







