Dimanche, l’UBB défiera le Stade Toulousain en quart de finale de Champions Cup. À quelques jours de cette affiche majeure, le deuxième ligne bordelais Adam Coleman s’est confié en profondeur dans les colonnes de Sud-Ouest.
Interrogé sur sa forme actuelle, le joueur se montre confiant : « Franchement, je me sens bien pour le moment. Je prends vraiment beaucoup de plaisir cette année. Ça demande beaucoup de travail en coulisses, des heures passées à la salle de muscu, y compris le dimanche, pour que mon corps soit prêt à l’approche des matchs. »
Malgré une succession de blessures ces dernières saisons, Coleman a su relativiser et adapter son entraînement : « Tu dois toujours apprendre des choses à propos de ton corps. Tous les kinés, tous les entraîneurs, savent maintenant ce qui est bon pour moi. Au fil des saisons, le corps change, il n’encaisse pas les choses de la même manière. Tu dois adapter ta charge d’entraînement. Tu ne peux pas être le plus vieux de l’effectif et réaliser toutes les séances à haute intensité. Le plus important, c’est de réussir à trouver l’équilibre et savoir comment tu dois t’entraîner pour être capable de jouer. Et cette saison, on a mieux réussi à trouver cet équilibre. »
Surnommé pour ses nombreux « œil au beurre noir », il en fait une image presque banale de son engagement sur le terrain : « Oui, ça fait partie du job (rires). J’aime l’aspect physique du jeu. Ma femme me demande toujours : « pourquoi tu rentres encore à la maison avec un œil au beurre noir ? » Je lui réponds juste : « Oh, chérie, tu sais bien que c’est mon travail ». »
Le joueur raconte d’ailleurs une anecdote savoureuse après le dernier match à Bristol : « Après le match à Bristol justement, j’ai dû amener ma fille chez le médecin car elle avait elle aussi un œil au beurre noir. Le médecin nous a regardés d’un air bizarre et a demandé si nous venions d’avoir un accident de voiture. Je lui ai dit : « Non, elle, elle est tombée à l’école. Et moi, je suis rugbyman ». Même si ça lui a paru incroyable, il a l’air d’avoir compris. »
Concernant la douleur, Coleman précise qu’elle ne se fait pas sentir sur le moment : « Pendant le match, tu ne sens rien. Tu es vraiment porté par l’adrénaline, tu restes vraiment concentré sur ton rôle, les tâches à réaliser et à jouer au rugby. Tout arrive tellement rapidement que tu n’as pas le temps de penser à ton œil, ta cheville ou ton bras après un choc. En revanche, le lendemain matin, là, oui, c’est « l’accident de voiture » (rires). En général, il faut bien deux ou trois jours pour pouvoir récupérer complètement. Mais ça dépend vraiment des matchs, tous sont différents, aucun ne laisse les mêmes traces. »
Anticipant la confrontation contre Toulouse, le Bordelais s’attend à un duel d’une rare intensité : « Ils sont tout le temps spéciaux. Sur le dernier (en Top 14), il y a eu 46 minutes de temps de jeu effectif. C’était juste incroyable ! L’intensité, la conquête, la défense sont vraiment des secteurs clés. »
Enfin, Coleman connaît très bien ses adversaires directs dans le pack toulousain, notamment le deuxième ligne Meafou : « Il y a beaucoup de respect mais aussi de rivalité suite aux dernières confrontations. Meafou était en Australie avant d’arriver en France, il est devenu international, il fait vraiment du super boulot. Je l’ai rencontré sur un camp d’entraînement avec les jeunes de Melbourne quand j’étais capitaine des Rebels. Il était vraiment très jeune à l’époque. Il a beaucoup appris et progressé depuis qu’il est à Toulouse. »
Dimanche, l’UBB et le Stade Toulousain promettent donc un combat âpre où chaque détail comptera pour la qualification en demi-finale de la Champions Cup.







