Ancien sélectionneur du XV de France, Guy Novès livre son analyse avant le quart de finale de Champions Cup entre l’UBB et le Stade Toulousain, dans les colonnes du Parisien.
Selon lui, ces deux équipes dominent largement leurs concurrents cette saison. « Oui. Nettement. Par leur capacité à produire du jeu, elles sont au-dessus du lot. Le Leinster, qui faisait encore office de sérieux candidat à la victoire finale il y a deux ans, a baissé pavillon. Les clubs anglais ne sont pas à leur hauteur. Toulouse et l’UBB appliquent la même philosophie : jouer, tenter. C’est celle qui gagne de nos jours. D’autant que ces deux équipes sont servies par des joueurs d’exception. »
Pour Guy Novès, Toulouse dispose toutefois d’un net avantage, notamment grâce à la profondeur de son effectif. « Il y en a une surtout, c’est la profondeur de l’effectif. S’il manque trois ou quatre titulaires à Bordeaux-Bègles, ce n’est plus la même équipe. Et c’est le cas (Depoortere, Buros, Cazeaux) alors que Toulouse peut aligner deux équipes de niveaux similaires. On l’a vu lors des doublons en Top 14. Les Toulousains sont restés leaders, ils ont continué à gagner. »
L’ancien entraîneur toulousain souligne également l’importance du terrain et de l’avantage du public bordelais, mais reste dubitatif sur la capacité de l’UBB à stopper Toulouse. « Attention, il y a un autre élément important, c’est le terrain. Bordeaux joue sur sa pelouse du stade Chaban-Delmas avec un public acquis à sa cause. C’est important. Jouer à domicile, cela permet de bien se préparer en évitant tout ce qui peut parasiter l’avant-match comme le voyage par exemple. Tout cela est déterminant. D’ailleurs, on a vu que Toulouse avait plié en 2e mi-temps en Écosse contre Glasgow (battu 28-21 après avoir mené 21-0), malgré son expérience. Sinon, on se demande bien qui peut arrêter cette équipe toulousaine à l’heure actuelle. »
Un duel intense s’annonce sur la pelouse, avec des affrontements clés qui pourraient faire basculer la rencontre. « Avec de tels joueurs de part et d’autre, il faudra surtout éviter de se retrouver en infériorité numérique. Les cartons jaunes vont peser. Des deux côtés, on est capable de produire énormément de jeu mais celui qui sera le meilleur sur le registre défensif, avec le plus de vitesse, aura un avantage. On s’attend à des duels savoureux entre Dupont et Lucu, Ntamack et Jalibert, Gourgues et Penaud, Lebel et Bielle-Biarrey, des joueurs capables de faire basculer un match. Les staffs le savent. Tout est étudié. Personne ne veut s’exposer inutilement. C’est pourquoi, pour le spectacle, on risque d’être déçu. »
Pour Novès, la plus grande menace pour Toulouse se nomme Louis Bielle-Biarrey, dont la vitesse et le talent imposent un véritable défi pour les coachs toulousains. « Le travail des coachs toulousains, c’est de trouver comment le mettre en difficulté. Sur la vitesse, il est au-dessus de tout le monde alors il ne faut pas qu’il parte sur la même ligne que les autres sinon on ne le voit plus. Le Stade toulousain devra faire en sorte de ne pas laisser le fond du terrain libre. Y parviendra-t-il ? Louis Bielle-Biarrey est très impressionnant. Il n’y avait pas de joueurs comme lui à mon époque. Mais il n’est pas tout seul sur la pelouse. »
Enfin, Guy Novès pronostique un avantage psychologique pour Toulouse, renforcé par un sentiment de revanche. « Le Stade toulousain, c’est l’équipe de France devant. L’UBB, c’est l’équipe de France derrière. Mais Toulouse, c’est aussi deux paquets d’avants du même calibre. Pour moi, l’ascendant psychologique est pour les Toulousains à ce niveau-là. D’autant qu’ils seront revanchards. »






