Kalvin Gourgues, l’étoile montante du Stade Toulousain, s’apprête à briller en quart de finale de Champions Cup contre l’UBB ce dimanche. Le trois-quarts centre, auteur de performances remarquables cette saison, sera titulaire pour ce rendez-vous européen crucial.
Dans une interview accordée à L’Équipe, Gourgues livre ses impressions sur la compétition : « Que c’est un autre monde, parce que tout va plus vite, et qu’il faut rester froid pour ne pas se laisser submerger par les émotions. On joue tous au rugby pour vivre ces matches-là. J’en ai vécu chez les jeunes et c’était toujours les moments les plus exceptionnels. »
Pour lui, la Champions Cup représente « comme un Tournoi des Six Nations des clubs, une épreuve historique. Franchement, elle fait autant saliver que la Ligue des champions au foot. Ce format avec des matches constamment à enjeu, y compris en phase de poules, où tu peux te donner la possibilité de recevoir jusqu’en finale, fait qu’on rêve tous de la gagner. »
La bataille pour une place dans le groupe est intense au Stade Toulousain en cette période de phases finales : « Il y a cette tension de vouloir être dans les 23, puis dans les 15. On est tous en concurrence. Le but, c’est de jouer le week-end, donc chacun a envie de gagner sa place, de se battre pour le maillot. Ce sont ces semaines-là qu’on adore quand on est joueur. On se donne tous à 100 ou 110 %. »
Interrogé sur l’importance du quart de finale, il tempère : « Je n’en sais rien, franchement. Je sais qu’il y a un goût de revanche par rapport à la demi-finale de l’an dernier (35-18, le 4 mai 2025). Ça doit trotter dans la tête des joueurs qui l’ont disputée. Mais je n’ai pas l’impression qu’on fasse une fixette ou une légende de ce match. On ne dira jamais que celui qui remportera cette partie gagnera la compétition. C’est juste un match qu’on a très envie de gagner pour s’en offrir un autre après. »
Moins attaché aux chiffres qu’à l’essence du jeu, Gourgues confie ne pas toujours prêter attention aux statistiques : « Comme tout le monde, ça m’arrive de lire certaines de mes stats ou des faits marquants sur les réseaux sociaux, mais dans la plupart des cas, ça ne m’avance pas à grand-chose. Par exemple, on parle beaucoup de la course que j’ai faite à Bordeaux à la 83e, en Top 14 (défaite 44-20, le 22 mars dernier), mais au final, vu le score, je m’en foutais clairement. J’ai vu qu’elle avait marqué beaucoup de monde, mais moi, une heure après, je l’avais déjà oubliée. »
Réputé pour ses percées tranchantes, il souligne l’importance du collectif dans ses exploits offensifs : « J’arrive à breaker sur ces coups-là, mais je profite surtout du travail collectif réalisé en amont. Contre l’Australie, si ça s’ouvre devant moi, c’est parce qu’Antho (Jelonch) arrive à se sortir de la pression en faisant une bonne sautée. À Bordeaux, c’est le décalage opéré par David (Ainu’u) et Léo (Banos) qui me crée l’espace. Et contre Bristol, si Thomas (Ramos) n’amorce pas une relance depuis nos 22 m, je n’ai pas ce boulevard jusqu’à l’en-but adverse. À chaque fois, je profite du travail d’un coéquipier. C’est dur de se créer des occasions tout seul. Certains y arrivent, comme Louis Bielle-Biarrey. C’est lui, le spécialiste. »
Il avoue aussi quelques hésitations tactiques dans le feu de l’action : « Parfois, ça arrive de “croquer” des deux-contre-un (sourire). Sur l’action, plusieurs choix s’offrent à moi. J’ai Matthis à ma gauche et Toto (Dupont) à ma droite. Dans ce cas-là, je sais que c’est très dur pour un seul mec de défendre contre trois gars qui arrivent lancés à fond. Là, avant même de faire ma feinte de passe, je vois le mec tourner les épaules et se décaler vers la droite, sûrement pour ne pas se faire prendre de vitesse par Matthis. C’est ce qui m’a ouvert l’espace. Mon choix était judicieux, je pense, mais c’est sûr que ce n’est pas le genre d’occasion que t’as intérêt à rater. Quant à Matthis, c’est sûr que je lui en dois un ! »
Sur ses qualités de vitesse, il évoque un travail quotidien pour progresser : « Disons que j’ai la chance d’avoir un morphotype qui m’offre cette capacité-là. Après, pour pouvoir l’exploiter, il faut la bosser sans relâche, et c’est ce que je fais ici, au Stade Toulousain. On sait tous que la vitesse est très importante dans le rugby d’aujourd’hui pour déstabiliser les défenses. C’est à force de répéter les efforts avec Sébastien Carrat, un de nos prépas physiques à la fois ancien sprinteur et rugbyman de haut niveau, que j’arrive à bien accélérer et à maintenir une certaine vitesse sur une longue distance. Seb, il allait à 40 et quelques, donc c’est normal qu’il parvienne à nous enseigner la vitesse (sourire). »
Enfin, interrogé sur ses pointes de vitesse, il précise : « Je ne sais pas, ça varie entre 33 et 34 km/h. J’ai déjà fait une pointe à 35 mais pas plus. Mais 33 ou 34, ça commence déjà à aller vite. L’objectif, c’est d’arriver à enchaîner les sprints à haute intensité à n’importe quel moment du match, même si je suis cramé. »
À quelques jours d’une rencontre cruciale, Kalvin Gourgues s’affirme comme un atout précieux pour Toulouse et un joueur à suivre de près dans cette Champions Cup.







