Le manager du Stade Toulousain, Ugo Mola, s’est livré à La Dépêche après la défaite de son équipe face à l’UBB en quart de finale de la Champions Cup (30-15). Une élimination qui laisse des regrets amers pour le technicien.
« Sur ce genre de match, tu ne peux pas te permettre de te retrouver aussi facilement [en infériorité numérique], parce que c’est en plus une tentative de contre de notre pilier droit qui nous coûte quand même un peu cher. Et au moment où tu résistes, malgré tout, parce que tu arrives à marquer des points à 14, tu résistes, même si on prend un essai, tu résistes, tu résistes, et malheureusement, tu reprends un carton jaune qui, je pense, met un coup sur la tête à l’ensemble de l’équipe à ce moment-là. Et tu perds ton demi de mêlée », analyse Ugo Mola, pointant du doigt les fautes disciplinaires qui ont pesé lourd.
Malgré leurs efforts, le manque de réalisme et la discipline défaillante ont coûté cher à Toulouse : « Même si tu as essayé, je ne peux pas reprocher sincèrement à mon équipe de ne pas avoir essayé. Par contre, ce manque de réalisme et la discipline nous coûtent trop cher pour gagner à l’extérieur un quart de finale du Champions Cup. »
Le coach toulousain regrette également la faiblesse offensive de ses joueurs dans les moments clés : « On ne transforme pas nos temps forts, nos incursions dans la zone de marque de Bordeaux. Ça se transforme avec très peu de points. D’ailleurs, l’essai vient de beaucoup plus loin. En tout cas, nos essais viennent de plus loin donc on n’a pas réussi à prendre le dessus à ces moments-là. Où en tout cas, on s’est un peu retrouvés en difficulté. Donc oui, c’est une analyse à chaud qui ne nous permet pas de gagner encore une fois sur la discipline et le nombre d’occasions que l’on a. »
La première mi-temps a été particulièrement délicate face à un arbitrage sévère : « On sait très bien qu’à l’extérieur, il faut être en mesure d’être plutôt réaliste et a minima de rentrer pas mal d’occasions, ce qui a été un peu le cas de Bordeaux. Il y a six pénalités à une en première mi-temps contre nous alors qu’on a la possession. C’est plutôt un arbitre qui a l’habitude de siffler la défense. Et aujourd’hui, on a été un peu pénalisés, un peu trop en tout cas sur la première mi-temps, pour, je pense, marquer plus de points et être en mesure de plus pousser Bordeaux dans ses retranchements. Après, du moment où ils marquent et ils prennent le score, c’était trop difficile de courir derrière. »
Interrogé sur les difficultés rencontrées dans les zones de ruck, Mola pointe aussi le poids d’une infériorité numérique prolongée : « Je pense que parfois, on a été coupés en deux. Et puis n’oubliez pas que malheureusement, on a joué beaucoup à un de moins. Et un avant en moins dans ces zones-là, c’est toujours délicat, même si je trouve qu’on a des situations où peut-être on est un peu coupé en deux. Donc on va prendre le temps de le regarder plus précisément. Perdre fait partie aussi de choses qui nous permettront de progresser, d’évoluer. On est tombés sur une très belle équipe de Bordeaux qui finit première de cette compétition, reçoit un quart et une demie à domicile, donc il n’y a pas trop de hasard. »
Sur le bilan global de la campagne européenne, il reste lucide : « Et peut-être encore une fois que dans notre campagne européenne, on a peut-être laissé des plumes à Glasgow et aux Saracens. C’était peut-être après ça qu’on, au final, après quoi on court. Après, c’est une défaite éliminatoire, dans une compétition qu’on a eu du mal à appréhender tout au long de cette année. Et j’ai un bout de frustration sur l’ensemble de notre compétition plus que ce soir, où je pense, encore une fois, que le niveau d’engagement était à la hauteur de ce qu’on est capables de faire. »
Enfin, à la question de savoir si ses joueurs sauront se remobiliser pour le Brennus, Ugo Mola répond avec franchise : « Là, vous voulez que je vous dise quoi ? Je ne vais pas les sonder. Ils sont déçus d’être éliminés comme une équipe qui a perdu en quart de finale. On avait la possibilité de faire une huitième demie-finale d’affilée, ce n’est pas le cas. Ça n’enlève peut-être pas tout ce qu’on a fait, ça n’enlèvera pas ce qu’on sera capables de faire dans quelque temps. »







