L’ancien talonneur international Fabrice Landreau, ex-entraîneur du Stade Français, de Toulon et de Grenoble, se penche sur la possibilité de reconvertir Posolo Tuilagi en pilier droit, un poste-clé du rugby professionnel.
**Une expérience déjà tentée**
Lors de la saison 2008-2009 à Paris, Landreau et Fabien Galthié avaient envisagé de transformer Robins Tchale-Watchou en pilier droit, anticipant les évolutions à venir de la mêlée. Landreau se souvient dans Midi Olympique : « On pressentait à l’époque des réformes au niveau des mêlées. Nous étions encore sur le gain du ballon à l’impact sans talonner. »
Avec l’introduction de nouvelles séquences d’engagement, les profils requis ont changé : « Dès que les différents temps avant l’entrée en mêlée ont été mis en place, on a vu apparaître des profils de piliers plutôt grands, plutôt massifs. Pas seulement pour la mêlée. Mais aussi pour pouvoir ensuite dans le jeu courant avoir plus d’impact avec des mecs vraiment costauds… On recherche tous ces potentiels-là, des profils très costauds, très grands, mais aussi très mobiles. » C’est précisément ce profil que représente Posolo Tuilagi aujourd’hui.
**Pourquoi la tentative a échoué**
Malgré un potentiel évident, ce pari n’a pas fonctionné. Landreau explique : « Pilier, c’est un métier à part. Psychologiquement, il faut être prêt à l’affrontement direct. C’est un combat homme à homme très spécifique. Cette dimension de combattant et de sacrifice est indispensable. À l’époque, j’avais dit à Robins : « Tu peux être, si tu t’y mets sérieusement, le futur pilier droit de l’équipe de France. » »
Mais, selon lui, la volonté mentale faisait défaut : « Robins n’avait pas cette volonté mentale. Que tu joues en Série ou en Top 14, le poste de pilier, c’est d’abord un combat individuel. Un poste vraiment spécifique avec des caractéristiques que tu ne retrouves dans aucun autre. On t’enferme dans l’affrontement. On te met dans une cage. C’est comme du MMA. Impossible de s’échapper. »
**L’exemple d’Arthur Joly, une réussite**
Landreau ne se résigne pas à ce constat et évoque un succès : « Un garçon comme Arthur Joly a réussi ce pari. Nous l’avions fait signer au Stade français pour jouer pilier droit alors qu’il évoluait en deuxième ligne à Massy. Et il a eu un très beau parcours. S’il était resté en deuxième ligne Il n’aurait jamais eu cette carrière. »
**Tout est possible… si Tuilagi le souhaite**
Pour Landreau, il ne s’agit pas tant de savoir si Tuilagi en a les capacités physiques, mais s’il en a la volonté mentale : « S’il n’y a pas de blocage physique […] un garçon comme Tuilagi peut avoir un bel avenir au poste de pilier. Mais le préalable, c’est la volonté du joueur. C’est indispensable. »
Pour l’instant, Tuilagi a fermé la porte à cette reconversion : « Ce n’est pas dans mes projets […] Je suis bien en deuxième ligne et je vais y rester un petit moment. » Une décision qui laisse en suspens la possibilité d’une telle transformation, malgré l’avis éclairé de Landreau.







