Le deuxième ligne international anglais Jonny Hill a rejoint le Racing 92 l’été dernier en provenance de Sale. Âgé de 31 ans et fort de 23 sélections avec le XV de la Rose, il s’est livré dans une interview accordée à L’Équipe.
D’emblée, Jonny Hill se montre critique envers ses premiers mois dans le club francilien : « Non, je ne suis pas satisfait. Je pense que j’aurais pu apporter plus à l’équipe. Je me suis trouvé parfois inconsistant dans mon niveau de jeu, irrégulier. Après, si je prends un peu de recul, pour quelqu’un qui arrive d’un autre pays, qui ne parle pas la langue et qui découvre un Championnat quand même très différent de la Premiership, c’est quand même un début plutôt positif.
Je pense que je peux améliorer la qualité de mes actions individuelles, tout simplement. Mes plaquages peuvent avoir un peu plus d’impact. Mes percussions avec le ballon aussi. Je connais de mieux en mieux mes partenaires, j’apprends le français, je pense que le meilleur est à venir. »
Le joueur anglais met également en lumière les différences entre le Top 14 et la Premiership : « La plus notable, c’est la vitesse de jeu. En Top 14, le jeu va plus vite, le volume est supérieur dans le sens où il y a plus de jeu d’initiatives, de relances, de courses. En Premiership, on reste quand même sur un jeu très structuré. C’est davantage un jeu de positions, comme aux échecs.
J’ai regardé Munster-Leinster le week-end dernier et c’était un match assez ennuyeux. C’était : jeu au pied de pression, mêlée, jeu au pied de pression, ruck, jeu au pied de pression. J’ai lu les réactions ensuite et je crois que les joueurs eux-mêmes sont ressortis frustrés de ce match. En Top 14, le jeu est moins prévisible. Mais tant que tu n’es pas venu te frotter au Top 14, tu ne peux pas savoir si tu peux t’y adapter. »
Jonny Hill est aussi revenu sur son expérience du derby parisien face au Stade Français : « C’était ma vraie première expérience d’un derby. J’ai joué à Sale et là-bas ils ont essayé de monter un derby entre Sale et Newcastle mais bon, il y a trois heures de bus entre les deux villes. La manipulation n’a pas pris (rire). Même chose pour les Exeter-Bath. Le derby à Paris était super à vivre, avec un public bien chaud (lui-même n’a pas réussi à rester froid, recevant son premier carton jaune en Top 14). »
Enfin, l’international anglais a exposé les ambitions de son équipe pour la saison : « On veut vraiment devenir une équipe capable de performer et d’avoir des résultats chaque semaine, peu importe qu’on reçoive ou qu’on se déplace. Mais on sait la valeur de l’UBB. On parle à raison de leur triangle arrière qui est incroyable. La charnière aussi qui est d’un niveau énorme, les centres qui sont très forts mais ils ont un très bon pack. Woki est une référence, on le sait bien ici au Racing (il y a passé trois saisons).
Adam Coleman est un deuxième-ligne de pedigree international et je connais très bien Jean-Luc du Preez (ils ont évolué ensemble à Sale) qui est très costaud et qui va vouloir avoir un gros impact pour ses débuts avec son nouveau club. Contre eux, il faut arriver à contrôler le rythme du match et les empêcher de jouer des transitions. »






