À mi-saison, le LOU Rugby stagne à la 12e place du Top 14, une position désormais familière et loin des places qualificatives. Avec seulement 23 points au compteur (5 victoires, 8 défaites, 3 bonus), le club lyonnais accuse déjà un retard important, huit points derrière le 11e et à trois points seulement du 4e. Cet écart souligne un décalage profond avec le haut du classement.
Le constat demeure inchangé depuis plusieurs saisons. À ce stade de la compétition, le LOU affiche des performances quasi similaires aux deux exercices précédents : “un point de plus que l’an dernier, un de moins qu’en 2023-2024”. Une régularité qui traduit surtout une stagnation dans la contre-performance. Depuis trois ans, Lyon évolue dans une zone grise du championnat, incapable de franchir un palier.
Les chiffres confirment cette tendance lourde. Sur l’ensemble de l’année 2025, en combinant la phase retour de la saison précédente et la phase aller actuelle, le LOU a engrangé 51 points (11 victoires, 15 défaites, 7 bonus), soit une moyenne de 1,96 point par match. Un ratio insuffisant pour prétendre à autre chose qu’une lutte en seconde partie de tableau. Seuls USA Perpignan, RC Vannes et US Montauban font pire sur cette période. Tous les autres clubs ont dépassé la barre des 60 points, reflétant la réalité du classement : “Lyon est à sa place.”
Ce paradoxe lyonnais interpelle. Sur le papier, l’effectif mêle habilement cadres expérimentés, joueurs arrivés à maturité et talents prometteurs comme Baptiste Couilloud. Pourtant, sur le terrain, ce potentiel peine à se traduire en collectif solide et régulier, surtout face à l’adversité. Saison après saison, les mêmes lacunes subsistent : conquête fragile, défense irrégulière, incapacité à enchaîner les performances. Les rares succès s’appuient souvent sur des exploits individuels, bien insuffisants pour masquer un déficit structurel.
Le problème ne se limite pas à un entraîneur. En trois ans, aucun des managers successifs — Xavier Garbajosa, Fabien Gengenbacher, puis Karim Ghezal — n’a réussi à sortir le LOU de cette impasse. Karim Ghezal, toutefois, bénéficie désormais du soutien de la direction avec pour mission de rénover l’effectif sur le long terme.
Le défi est immense. Avec le deuxième budget et la neuvième masse salariale du Top 14, Lyon dispose de ressources importantes. Encore faut-il les convertir en une identité forte et en une culture de la performance durable.
Transformer l’équipe et son état d’esprit ne se fera pas en quelques semaines. Cela nécessitera du temps et probablement des décisions radicales. En attendant, sauf retournement spectaculaire lors de la phase retour, le LOU semble contraint de renoncer à ses ambitions de qualification pour la troisième saison consécutive. Un constat sévère, mais dorénavant difficilement contestable.







