L’Aviron Bayonnais en pleine crise de confiance à l’extérieur
Sixième du Top 14 après treize journées, à égalité avec l’Union Bordeaux-Bègles et le Stade Français, l’Aviron Bayonnais affiche un classement flatteur sur le papier. Pourtant, loin de son stade Jean-Dauger, le club basque peine à confirmer ses ambitions. Avec seulement une victoire en sept déplacements et près de 300 points encaissés lors des six derniers matchs à l’extérieur, la réalité est préoccupante.
Le déplacement à Montpellier, ce samedi 3 janvier, s’annonce comme un véritable test. Plus qu’une simple rencontre pour le classement, ce rendez-vous est crucial pour la crédibilité du projet sportif mené par Grégory Patat.
Face à ce double visage du club, le président Philippe Tayeb, accompagné du directeur du rugby Laurent Travers, a convoqué joueurs et staff à une réunion de crise. L’objectif : un bilan franc et sans concession, dans un contexte déjà tendu entre la direction et l’encadrement technique.
Dans le vestiaire, le message a été clair. « On a été mauvais à l’extérieur, on a pris des branlées. Maintenant, il faut se réveiller », a déclaré Baptiste Héguy. Le troisième ligne confirme qu’un véritable coup de pression a été exercé : « Il y a eu un vrai coup de pression pour dire qu’à l’extérieur, il faut aller chercher quelque chose. Ce qui a été dit reste entre nous, mais l’idée est claire : on ne peut plus continuer comme ça. » Ajoutant : « On cherchait des excuses : l’effectif, les blessés… Maintenant, on met ça de côté et on va batailler. Ce week-end, c’est l’occasion de montrer qu’on peut faire autre chose que ce qu’on a montré jusque-là. »
Le ton est similaire chez Lucas Martin, talonneur du club, qui pointe du doigt deux faiblesses majeures : « À chaque fois, on n’a pas été bons à l’extérieur parce qu’en difficulté sur la conquête et la discipline. C’est là-dessus qu’on doit être irréprochables ce week-end. » Il insiste : « On sait que ça passera par nous, les avants, par une conquête propre, pour mettre nos arrières dans de bonnes conditions, et surtout par la discipline, qui est primordiale. On doit juste rester concentrés sur nous-mêmes. »
Les joueurs ont été invités à s’exprimer. Héguy confirme : « On nous a demandé des retours, on les a faits », tandis que Camille Lopez balaie toute excuse liée aux blessures : « Ce serait se cacher derrière les blessés. Oui, il y en a, peut-être plus qu’ailleurs, mais ce n’est pas une excuse. On a aligné des équipes compétitives et on a quand même pris 40 points. » Le demi de mêlée conclut : « Les consignes, les joueurs les connaissent, ils savent faire. C’est juste montrer un visage un peu plus complet que ce qu’on a montré jusqu’à présent. Mettons les bons comportements, on verra jusqu’où ça nous amène dans le match. Après on verra ce qui se passera. »
Le défi est de taille face à Montpellier, neuvième du classement mais doté de la meilleure défense du championnat à égalité avec Toulouse, avec seulement 281 points encaissés (21,6 de moyenne par match). Les Héraultais dominent les zones de combat : meilleures statistiques au grattage (4,46 par match) et au contre-ruck (2,62), ils font preuve d’une efficacité redoutable dans les 22 mètres adverses. Leur jeu de pression repose aussi sur un volume élevé de jeu au pied, avec 27,5 coups de pied par rencontre.
Dans ce contexte, Lucas Martin insiste : « C’est le moment ou jamais d’impulser une nouvelle dynamique pour débuter la phase retour. » D’autant que deux échéances européennes majeures approchent rapidement, avec un déplacement à Leicester Tigers suivi de la réception du Leinster Rugby.
Philippe Tayeb accompagnera d’ailleurs l’équipe dans l’avion. Officiellement pour des raisons logistiques, mais aussi dans l’espoir de « casser ce comportement à l’extérieur ». À Montpellier, Bayonne ne jouera pas seulement des points, mais sa capacité à exister loin de ses bases, tout en retrouvant une cohérence mise à mal sur le terrain comme en coulisses.







