Ces dernières semaines, onze clubs de supporters issus du Top 14 et de la Pro D2 ont uni leurs forces pour créer le Collectif des Supporters de Rugby. Leur objectif : redonner vie aux ambiances dans les stades et défendre un supportérisme authentique.
Vincent Panabières, président de l’association de supporters de l’USAP La Penya Trabucayres, a détaillé le projet auprès de L’Indépendant. Selon lui, « l’évolution sociologique dans les stades de rugby est une réalité » que les instances nationales doivent impérativement prendre en compte.
Le collectif entend agir sur plusieurs fronts. D’abord, sur la question du matériel autorisé dans les tribunes. « Tout d’abord, le matériel inhérent à des tribunes animées et colorées. Faire rentrer du matériel – même classique – est devenu un vrai parcours du combattant en raison de règles très hétérogènes et opaques, ainsi qu’à l’excès de zèle de certains services de sécurité. Il est primordial de définir un cadre clair pour l’usage des tambours, drapeaux, mégaphones, banderoles, etc. Toutes les associations qui composent ce collectif ont eu un jour ou l’autre des problèmes pour rentrer du matériel. »
La billetterie fait également l’objet d’une revendication forte. Vincent Panabières souligne que « la réglementation actuelle oblige les clubs locaux à mettre à la vente des quotas de places (5 % par tarif) qui divisent les supporters visiteurs et empêchent d’avoir des ambiances festives. De manière générale, les supporters visiteurs souhaitent se retrouver dans un même secteur dans les stades. Non pas qu’ils soient sectaires, mais tout simplement pour pousser tous ensemble derrière leur équipe. Nous proposons donc d’instaurer un quota de 500 places dans un même bloc, avec un tarif unique de 20 € maximum, et d’un second quota en tribune latérale avec un tarif à définir par le club local. »
La programmation télévisuelle n’échappe pas aux critiques. « Elle est un sujet majeur. Bien conscients de l’importance d’une large diffusion de nos championnats, nous proposons pour la Pro D2 de réintégrer deux matchs le samedi ou le dimanche, et pour le Top 14 de limiter à quatre matchs à domicile et quatre matchs à l’extérieur par équipe la programmation le dimanche soir à 21 heures, hors les deux dernières journées où tous les matchs ont lieu à la même heure et le même jour. »
Ce diagnostic et ces propositions, bien qu’encore incomplètes, sont le socle du collectif pour « encourager de belles ambiances chaudes et conviviales afin que chacun, aux quatre coins de la France, puisse vivre sa passion en toute sécurité. »
Enfin, Vincent Panabières évoque les tarifs élevés pratiqués à Aimé-Giral, le stade de l’USAP : « L’USAP est l’un des rares clubs avoir pris en compte, depuis des années, les demandes des supporters. Nous travaillons très bien ensemble, en confiance, en atteste la récente autorisation d’usage d’un mégaphone en tribune. Si notre stade vibre fortement et reste encore “hostile”, c’est parce que nous ne sommes pas tombés dans cette uniformisation qui touche de nombreux stades. Sinon, il est vrai que les tarifs appliqués à Aimé-Giral sont élevés. C’est la remarque que j’entends le plus de la part des supporters visiteurs qui viennent nous rendre visite en Catalogne. »
Le Collectif des Supporters de Rugby espère ainsi redonner aux tribunes leur âme et favoriser un rugby toujours plus festif et fédérateur.







