Ronan O’Gara, dix ans après avoir raccroché les crampons, reste plus que jamais connecté au rugby, incarnant une passion intense au Stade Marcel-Deflandre. L’entraîneur irlandais s’imprègne d’un environnement qu’il juge « vital à la réussite sportive » : la relation directe et presque organique entre l’équipe et ses supporters.
La Rochelle n’a rien d’une découverte pour O’Gara. Dès 2013, alors qu’il débutait sa reconversion au sein du staff du Racing 92, il avait déjà ressenti l’atmosphère unique de Deflandre lors d’un match amical face à Brive. Ce passage, bien que bref, avait marqué les esprits et planté l’idée d’une installation future, jusqu’au cœur de sa vie familiale. Depuis 2019, il vit pleinement l’intensité des journées dans ce stade, désormais animé par des tribunes pleines et une ferveur constante.
Avec du recul, l’ancien demi d’ouverture mesure l’évolution de son état d’esprit. « Si j’avais gardé la même mentalité que celle que j’avais comme joueur, je serais mort il y a dix ans, j’étais hyper stressé », confie-t-il au journal Sud-Ouest. Aujourd’hui, il observe différemment les rituels d’avant-match, parfois surprenants, mais révélateurs d’un équilibre précieux. « En Nouvelle-Zélande, il y a des mecs qui font les clowns 40 minutes avant le match. Quand je regarde Uini (Atonio) et Will (Skelton) ici, c’est encore pire. Mais c’est ça que tu dois apprécier. » Cette liberté contrôlée constitue un levier d’énergie, à condition qu’elle ne vire jamais à l’excès de confiance : « On ne doit jamais prendre ces dix ans [de guichets fermés] comme une garantie. »
Au cœur de sa réflexion, le public occupe une place prépondérante. « C’est hyper important pour les joueurs et pour le staff. On a besoin de connecter la volonté avec le rugby pour donner aux supporters ce qu’ils méritent », explique O’Gara, convaincu que la performance passe aussi par cette exigence collective. Si les saisons passées ont validé cette approche, il refuse de céder au confort. « Les années précédentes, ça a bien marché. Mais je suis hyper déterminé : ça va encore marcher, encore marcher, encore marcher. »
Loin de cacher ses ambitions sous le voile d’une transition, il affirme clairement : « Ce n’est pas une reconstruction pour montrer qu’on a des bons jeunes. Je suis intéressé pour faire quelque chose avec cette équipe. » À Deflandre, Ronan O’Gara entend donc poursuivre sa mission, bâtissant son projet dans l’exigence et le dialogue permanent avec ceux qui font vibrer les tribunes.







