À Aimé-Giral, un « match joker » s’est transformé en moment décisif pour l’USA Perpignan. Menée jusque dans les dix dernières minutes, l’équipe catalane est parvenue à renverser le Stade Toulousain (31-27), quittant ainsi la dernière place du Top 14.
Malgré une équipe toulousaine remaniée mais solide, largement devant à la 70e minute (27-16), Toulouse semblait en mesure d’effacer son historique négatif à Aimé-Giral, où il n’avait plus gagné depuis octobre 2018. Mais Perpignan a opposé une résistance acharnée.
En dix minutes de « chaos contrôlé », les Catalans ont su raviver l’espoir grâce notamment à un essai de Peceli Yato à la 70e minute. La course folle d’Alivereti Duguivalu, stoppée de justesse par Teddy Thomas, n’a rien changé à la dynamique locale. À la 75e minute, Joaquin Oviedo a conclu un ballon porté, déclenchant l’explosion de joie dans le stade.
Malgré un écart théorique de 42 points en faveur de Toulouse au coup d’envoi, le dernier est devenu le vainqueur, et la lanterne rouge a changé de camp. Privée de plusieurs joueurs clés comme Tuilagi, Allan, McIntyre ou Petaia, l’USAP profite aussi de la défaite de Montauban pour respirer enfin.
« L’ambiance était fantastique. On valide notre victoire contre Clermont face à la meilleure équipe d’Europe, c’est incroyable », confie l’arrière Antoine Aucagne, tandis que le demi de mêlée Tom Écochard ajoute : « Quelle énergie ! Quel public et quel club fantastique ! Je suis fier de tout le club. On a enfin compris ce qu’était l’USAP. Maintenant, il va falloir le faire tous les week-ends pour batailler jusqu’à la fin car le maintien ne sera qu’à ce prix-là. »
Ce succès s’explique notamment par la combativité retrouvée des Catalans dans la « guerre des rucks ». Malgré un 21-0 encaissé en début de match, leur capacité à contrer au sol a permis de limiter les dégâts face à une attaque toulousaine performante.
Du côté de Toulouse, le constat est amer. L’entraîneur Ugo Mola parle d’un match « frustrant par rapport au rugby pratiqué » et pointe la supériorité physique de Perpignan : « Les rucks sont le gros point noir du match. Perpignan est allé se la chercher. C’est un club qui le mérite. Il en fallait un peu plus pour gagner à Aimé-Giral. Même si l’engagement et l’état d’esprit étaient au rendez-vous chez nous, dans les moments clés, on a parfois manqué de cohésion collective. »
Teddy Thomas souligne à son tour le manque de mental de son équipe en seconde période : « Une équipe de Perpignan qui a mis les crocs, mais ça, on était au courant », regrettant que Toulouse « baisse un peu la tête en seconde période, qui manque un peu de mental pour rivaliser. »
Pour Perpignan, cette victoire est loin d’être un simple exploit. Le manager Laurent Labit l’envisage comme un tremplin : « J’espère que le public a trouvé une équipe à laquelle il peut s’identifier. Ça restait quand même le grand Stade Toulousain et c’est une victoire qui va être importante pour nous dans notre construction. On enchaîne les bonnes prestations depuis quelque temps. »
Depuis le 7 décembre et leur première victoire en Challenge Cup contre les Dragons de Newport, l’équipe confirme en effet une dynamique ascendante, ayant également battu Clermont avant de vaincre Toulouse. Une confiance retrouvée avant la réception de Montauban, dans un contexte où Aimé-Giral prévient : « Cette fois, il n’y aura plus de joker. Pour personne. »







