À seulement 20 ans, Kalvin Gourgues, jeune trois-quarts du Stade Toulousain, séduit déjà par son talent et sa maturité sur le terrain. Pour la première fois de sa carrière professionnelle, il a été aligné à l’ouverture, se voyant confier le rôle de buteur, une responsabilité qu’il a assumée avec une étonnante sérénité.
Dans le vestiaire, cette performance n’a surpris qu’à moitié Ugo Mola, le manager toulousain, pourtant rarement expansif. « Je pense que ce gamin est quand même un peu différent », confiait-il à Midi Olympique, soulignant le profil atypique de ce joueur prometteur.
Jusqu’alors cantonné aux postes de trois-quarts, de l’arrière au centre, Gourgues héritait cette fois du numéro 10 et des clés du jeu face à un expert du poste, Benjamín Urdapilleta. Loin de se dérober, le jeune Toulousain a fait preuve d’une audace remarquable : « Quand je le vois, malgré les vingt années de différence d’âge, aller défier un joueur expérimenté comme Urdapilleta sur son premier ballon, je trouve que ce n’est pas mal », sourit Mola.
Sa prestation a confirmé les espoirs placés en lui : présence constante dans l’animation, justesse balle en main, défense solide dans les moments décisifs, et une réussite parfaite face aux perches. Sans jamais forcer son talent, il a toutefois manqué un peu d’alternance dans son jeu et quelques centimètres pour offrir à Teddy Thomas une passe décisive, une inspiration à laquelle Thomas Ramos, son modèle, ne serait pas étranger.
En effet, Gourgues partage avec Ramos cette aisance naturelle et ce flair pour flairer les coups, avec encore moins d’expérience tactique, mais déjà une densité physique supérieure. À ses côtés, Paul Graou ne tarit pas d’éloges : « Kalvin est un grand joueur qui n’a pas besoin de beaucoup de temps pour s’adapter. Au-delà de toutes ses qualités, il résiste aussi à la pression et il l’a montré en mettant les points aux pieds. »
On l’avait presque oublié tant il impressionnait au centre, mais Kalvin Gourgues est avant tout un ouvreur de formation. Plus encore, le numéro dans son dos n’est pour lui qu’un détail. Cette polyvalence assumée est un atout précieux qui ne manquera pas d’attirer l’attention de Fabien Galthié, toujours en quête de profils capables de s’adapter sans perdre leur identité.
À 20 ans, Kalvin Gourgues n’a peut-être pas encore de poste définitif. Pourtant, une chose est claire : il a tout du joueur qui comptera, peu importe l’endroit où on l’alignera.







