Quelques mois auparavant, Tom Banks faisait figure d’oublié du rugby mondial. Après trois saisons discrètes au Japon, dont une en deuxième division, l’arrière australien était passé sous les radars. Aujourd’hui, il s’impose comme l’un des joueurs les plus réguliers et les plus utilisés du Top 14, et s’avère sans doute la meilleure surprise du marché estival.
### Un pari étonnant devenu véritable jackpot
Les clubs français ont souvent l’habitude de miser sur des profils atypiques : des joueurs étrangers sous-estimés, méconnus ou partis trop tôt à l’étranger. Montpellier n’a pas dérogé à la règle. Le départ inattendu de Josh Moorby l’été dernier a obligé le MHR à recruter en urgence. En moins de trois semaines, le club a fait le choix de Tom Banks, 31 ans, ancien international australien avec 22 sélections sous le maillot des Wallabies, revenu se relancer loin des projecteurs.
Le résultat est sans appel depuis la reprise : Banks a disputé 100 % des minutes du championnat, un record à son poste. À Montpellier, on le décrit comme « rassurant, constant, précieux dans la gestion des arrières et dans l’encadrement des jeunes ».
### Le Japon, une parenthèse salvatrice
Son aventure japonaise pouvait sembler risquée, voire une sortie par la petite porte après son départ des Brumbies vers la deuxième division nippone. Pourtant, Banks en tire aujourd’hui un avantage considérable : celui d’avoir ralenti pour mieux repartir. Au Japon, les saisons plus courtes, les préparations plus longues et un jeu moins physique lui ont permis de revenir en Top 14 plus frais, plus rapide et plus affûté techniquement. Les dirigeants montpelliérains admettent que ce renouveau n’aurait sûrement pas été possible sans cette parenthèse asiatique.
### Un profil rare qui séduit le Top 14
Tom Banks réunit trois qualités recherchées chez un arrière moderne : une vélocité remarquable, un jeu au pied long et précis, et une supériorité dans les duels aériens. Sa formation initiale en football australien (AFL) explique en grande partie sa maîtrise du jeu aérien. En AFL, la réception haute, le timing et les collisions sont au cœur du jeu — des compétences qui se transposent idéalement dans le rugby français où les chandelles sont une arme essentielle.
Les chiffres sont là pour le confirmer : Banks figure parmi les meilleurs du Top 14 dans les duels aériens remportés.
### Un obsédé de la préparation physique
Montpellier apprécie aussi Banks pour son engagement hors du terrain. Le joueur vit en routine, combinant récupération, bains froids et travail technique. Son coéquipier argentin Domingo Miotti témoigne : « On le voit souvent en bain de mer, dans des séances de récupération avancées… et même en train d’apprendre à faire le barista entre deux entraînements. »
Hors rugby, Banks s’est rapidement intégré au club en allant même jusqu’à rejoindre un petit groupe de golfeurs, preuve de son aisance à s’adapter à la vie locale.
### Le retour en sélection reste une option
La prochaine Coupe du monde aura lieu en Australie, et Banks n’exclut pas un retour chez les Wallabies. Il est conscient que son parcours atypique pourrait se transformer en opportunité, surtout dans un rugby australien en pleine reconstruction. Toutefois, il ne fait pas de cette perspective un objectif prioritaire : sa priorité reste le terrain et son club, Montpellier.
### Montpellier a frappé un grand coup
Entre scénario improbable, régularité de performance et volume de jeu, Tom Banks incarne parfaitement le profil rêvé par les clubs français depuis toujours. Il se présente comme un « héritier moderne des Brock James ou Richie Arnold », ces joueurs discrets devenus références du championnat.
L’ironie de cette histoire ? Pour dénicher ce talent, il a suffi d’oser fouiller un territoire boudé : la deuxième division japonaise. Un pari gagnant pour le MHR… et une nouvelle attraction pour le Top 14.







