À La Rochelle, Levani Botia, bientôt 37 ans, continue de surprendre. Le troisième-ligne fidjien affiche une endurance et une intensité dignes d’un jeune joueur fraîchement sorti du centre de formation. Entre volume de jeu, grattages, courses et essais, il demeure un pilier incontournable du système rochelais, ne semblant jamais fléchir.
Sa spécialité, c’est le travail au sol. Personne ne prend plaisir à l’affronter dans les rucks. Cette saison, son activité a été remarquée dans tout le Top 14. Seul Alexandre Bécognée fait mieux en ballons récupérés. Même au sein de son équipe, Botia domine, dépassant notamment Grégory Alldritt.
Mais son impact ne se limite pas au secteur défensif. Dès que La Rochelle accélère, Botia suit le rythme, arrive en soutien, porte la balle et participe activement à l’animation offensive, pénétrant souvent dans les quinze mètres adverses. On retrouve là ses anciennes habitudes d’attaquant : avant de devenir troisième-ligne, il jouait centre, une polyvalence encore visible dans son jeu.
Dans le vestiaire, son rendement exceptionnel ne surprend plus personne. Après une victoire contre Leicester (39-20), Uini Atonio résumait la situation dans L’Équipe : « Leps est chiant au sol pour les autres équipes […] Il casse les bouches aux mecs. » Une formule qui illustre parfaitement son influence sur le jeu adverse.
Sa capacité d’endurance impressionne tout autant. Cette saison, Botia n’a manqué qu’une rencontre. Lors du succès face à Bayonne (49-17), remplacé au coup d’envoi en raison d’une commotion de Matthias Haddad, il est entré sur le terrain au bout de 45 secondes pour finir le match comme si de rien n’était. Atonio ne se cachait pas : « Que tu le mettes dix minutes ou quatre-vingts, il est toujours pareil : inusable […] On dirait qu’il a 22 ans le mec. »
Du côté du staff, le verdict est identique. Rémi Talès, entraîneur des arrières, louait sa forme actuelle : « On a du grand Botia actuellement […] Plus les matches passent, plus il est fort. Il retrouve le niveau […] Il montre qu’il n’a pas d’âge. »
Sur la ligne d’en-but, la performance de Botia est aussi éclatante. Face à Toulon (66-0), il a inscrit un nouvel essai, portant son total à cinq cette saison. Seuls Jules Favre et Davit Niniashvili font mieux, avec six essais chacun. Matthias Haddad n’en est pas surpris : après un match contre Montauban (54-19), il plaisantait : « On sait pourquoi il jouait centre avant […] Il a lâché la charrette aujourd’hui (rires) […] C’est une légende ! On ne le présente plus. On n’a pas envie qu’il arrête. Tout le monde se rend compte que c’est un privilège de jouer à ses côtés. »
En Champions Cup, l’adversaire du week-end, Leinster, connaît bien Botia. Les Irlandais l’ont croisé à six reprises, dont deux fois en finale européenne. Ils savent ce que le joueur représente : à un âge où beaucoup ralentissent, lui joue plus vite et plus fort. Une véritable leçon d’énergie et d’engagement.







