Dimanche à 18h30, le Stade Toulousain déploiera une animation inédite au StoneX Stadium de Londres face aux Saracens. Blair Kinghorn sera aligné au poste d’ouvreur (numéro 10), tandis que Thomas Ramos prendra place à l’arrière (numéro 15), une configuration rarement expérimentée depuis l’arrivée de l’international écossais en Haute-Garonne.
Privé de Romain Ntamack, le staff toulousain avait jusqu’ici privilégié Thomas Ramos à l’ouverture. Kinghorn n’a occupé ce rôle que deux fois cette saison en Top 14, à Pau et à Lyon. Ce week-end, cette option revient au premier plan.
Interrogé par La Dépêche sur ce choix, le manager Ugo Mola a d’abord répondu avec humour : « ce qu’il a de différent, c’est qu’il est valide autant que Thomas et qu’il m’en reste deux ; donc s’il reste deux mecs, il y a des grandes chances qu’il puisse jouer ». Une manière malicieuse de rappeler que le staff compose avec un effectif réduit dans le secteur des trois-quarts.
Plus sérieusement, Mola explique : « Il nous amène évidemment des caractéristiques de qualité de passe et d’engagement qui nous permettent de jouer aussi autour de lui ». Le manager insiste particulièrement sur « sa qualité de passe assez exceptionnelle, sur sa vitesse d’exécution, qui permet par moments d’aérer le jeu ».
Le choix de cette charnière est aussi dicté par les conditions météorologiques attendues à Londres. Le capitaine Antoine Dupont confirme : « ça nous amènera plus de densité physique » avant d’ajouter : « Et j’espère aussi de la hauteur sur les ballons en haut, une de ses qualités ».
Dupont découvrira dimanche une charnière inédite avec Kinghorn et apprécie la polyvalence de ce joueur « qui peut jouer toutes les positions derrière ». Il détaille le profil de l’Écossais : « Déjà physiquement, il est grand, il est costaud, il va vite, il est athlétique. Mais malgré son gabarit, il a un bagage technique très complet, une grande longueur de jeu au pied. Il est aussi capable de porter le ballon, donc ça apporte une menace de plus dans sa zone. Et puis je pense que c’est un rôle qu’il affectionne. Il aime toucher du ballon, il aime diriger le jeu. Je pense qu’il prend du plaisir à ce poste-là. »
Kinghorn partage ce point de vue : « Cela reste la même approche. Ouvreur ou arrière, c’est presque le même poste ici même si j’ai besoin de connaître plus le rôle de tous les mecs pour les lancements ». Il reconnaît néanmoins que jouer au poste de 10 demande plus d’investissement mental et un rôle plus central : « C’est bien de plus toucher le ballon […] Tu prends plus de décisions, il y a plus de choix à faire entre le jeu au pied, porter le ballon, faire jouer. De temps en temps, tu peux flotter dans le jeu quand tu joues à l’aile alors qu’à l’ouverture, tu dois être à 100 % tout le temps. »
Ce rendez-vous contre les Saracens s’inscrit dans un contexte personnel motivant pour Kinghorn. Marqué par la défaite concédée à Glasgow en décembre, un revers vécu avec intensité par un joueur ayant évolué à Édimbourg, il confie : « La rivalité entre Glasgow et Edimbourg est forte, c’était un peu dur d’y perdre mais c’est la vie, c’est le rugby […] Le prochain match, ce sont les Saracens à l’extérieur et on veut gagner. »







