Ce vendredi soir, Castres a subi une sévère défaite à domicile face à Bath, s’inclinant 20-43 lors de la 3e journée de la Champions Cup. Les Anglais ont dominé les débats grâce à un paquet d’avants solide et un jeu au pied imposant piloté par Ben Spencer, empêchant les Tarnais d’imposer leur rythme.
Interrogé par La Dépêche, le manager castrais Xavier Sadourny a dressé un bilan lucide de la rencontre. « Les Anglais ont été bons sur leurs points forts. Un gros paquet d’avants, un bon jeu au pied de pression avec Ben Spencer. Ils ont été cliniques, ont cassé le rythme en commettant très peu de fautes. Ils ont maîtrisé le match. Il n’y a pas eu de rythme et eux n’ont surtout pas voulu qu’il y en ait. De notre côté, on n’a pas réussi à en mettre. Ils ont été très efficaces avec le ballon proche des lignes. Nous, au fur et à mesure du match, on s’est un peu agacé parce qu’on s’est fait pénaliser, à tort ou à raison, peu importe. Et on est un peu sorti de la partie. »
Le technicien refuse vivement de pointer du doigt l’arbitrage. « Peu importe, ce n’est pas le débat. Aujourd’hui (ce vendredi 9 janvier), on a touché du doigt ce qu’est concrètement la Coupe d’Europe. La moindre erreur, tu la payes. Mais il faut surtout rester dans le match, ne pas s’agacer. Plus tu t’agaces, plus tu t’énerves, et plus tu sors du match. C’est exactement ce qui s’est produit. On n’est pas la première équipe française à qui ça arrive. Ce genre de match doit nous servir, nous faire grandir dans la maîtrise des événements, sur notre capacité à scorer, à faire le dos rond quand il le faut. Mais surtout à être discipliné dans des moments où il n’y a pas lieu de commettre des fautes. Je ne suis pas convaincu qu’il y ait autant de points d’écart entre ces deux équipes d’un point de vue du potentiel ou des formes de jeu. Mais Bath maîtrise son projet. »
Sadourny déplore également l’agacement grandissant de ses joueurs qui a coûté cher à la fin de la première période. « Oui, on est contre le vent, on mène 14-7. Mais durant les dix dernières minutes de la première période, on commence à être indiscipliné sur des choses qui n’ont pas lieu d’être. On n’a pas réussi à trouver des solutions sur certains secteurs, où ils ont été malins. Et on s’est un peu agacés. C’est la difficile réalité du soir. Je trouve le score lourd car sur la fin, on fait n’importe quoi en défense parce qu’on est énervé, on veut couper, voire découper les mecs. Donc on prend un ou deux essais de plus qui sont, à mon avis, de trop et qui ternissent notre partition. Je reste convaincu que ce genre de match va nous faire grandir. »
L’équipe castraise devra désormais aller chercher sa qualification sur la pelouse du Munster le week-end prochain. Une épreuve à laquelle Sadourny aborde avec ambition. « Quoi qu’il arrive, il y a des choses qu’on ne peut pas contrôler. Contrôlons ce que l’on peut, appliquons-nous, soyons précis, rigoureux. Faisons preuve de maîtrise en toutes circonstances. La question aussi c’est comment on peut arriver à tourner ces décisions en notre faveur. Pour notre qualification, tout est encore possible. Quatre équipes se qualifient. On ira quoi qu’il en soit au Munster afin de réaliser un gros match. On a pris un coup aujourd’hui (ce vendredi), forcément, mais on va repartir au travail lundi en faisant une belle semaine d’entraînement, en se préparant pour gagner là-bas. Même si ça paraît démesuré ou un peu ambitieux de par le score contre Bath, notre ambition reste toujours la même. »







