Ce dimanche à Chaban-Delmas (16h15), Bordeaux-Bègles retrouve Northampton pour la première fois depuis la finale européenne remportée en mai dernier. Mais l’UBB ne cherche pas à revivre ces émotions passées : elle veut surtout évaluer sa véritable position dans une saison marquée par des hauts et des bas.
En 2025, Bordeaux avait remporté son premier titre européen à Cardiff (20-28), lors d’un match intense ponctué par une fin tendue. Certains joueurs bordelais avaient même chambré Henry Pollock, la jeune star des Saints, en imitant sa célèbre célébration où il vérifie son rythme cardiaque, doigts posés sur la carotide. Cette séquence est appelée à devenir un véritable moteur pour Northampton ce dimanche. Louis Bielle-Biarrey en souriait : « Si j’étais eux, je me préparerais comme ça ». Christophe Laussucq confirmait : « Si eux parlent de revanche, et viennent avec cet esprit, c’est logique […] Il y a eu une finale perdue avec des débordements à la fin, ils vont peut-être se nourrir de ça. Chacun a sa recette pour faire monter la sauce… »
Mais à Bordeaux, le vrai enjeu est ailleurs : la saison en cours. Actuellement quatrième du Top 14, l’UBB a alterné le très bon et le moins convaincant depuis septembre. Yannick Bru ne cachait pas cette réalité en qualifiant cette rencontre de « un des premiers gros rendez-vous sexy de l’année ».
Les deux équipes arrivent en forme et affichent des attaques spectaculaires. Bordeaux vient d’écraser le Racing 92 (62-20), tandis que Northampton a répondu en marquant 66 points contre les Harlequins un peu plus tôt dans la journée. Ces deux formations figurent parmi les plus prolifiques en essais cette saison, juste derrière Toulouse.
Louis Bielle-Biarrey note même des similitudes dans le style de jeu : « On a des styles de jeu un peu similaires, on aime bien jouer, relancer ». L’ailier français croisera notamment Tommy Freeman, un autre finisseur de talent, auteur d’un triplé fin décembre. Au-delà du spectacle, la bataille pour la première place de la poule sera déterminante, car elle représente un avantage majeur pour la suite des phases finales.
Sur le plan stratégique, l’UBB devra relever le défi sans son meneur Maxime Lucu, absent sur blessure. Considéré comme « le cerveau tactique et le moteur comportemental du groupe », son absence pèse lourd. Christophe Laussucq soulignait son importance : « On connaît l’importance de Max dans notre équipe, sa force de caractère, son leadership, sa qualité de défenseur, son jeu au pied ».
Déjà privés de Lucu en début de saison, les Bordelais avaient alors vu à quel point cette absence affectait leur maîtrise et leur combativité. Cette fois, l’UBB devra s’appuyer sur d’autres atouts : le jeu ouvert de Matthieu Jalibert, l’énergie de Matiu et l’impact du Springbok Jean-Luc Du Preez, aligné d’entrée pour la première fois ce dimanche.
Ce choc entre deux attaques flamboyantes et deux équipes au sommet promet donc un rendez-vous décisif, où Bordeaux-Bègles devra prouver qu’elle sait dépasser ses limites pour prétendre à un avenir plus serein.







