Étincelant samedi lors du choc face au Leinster en Champions Cup (25-24, 3e journée), le jeune centre rochelais Simeli Daunivucu, 20 ans, a illuminé l’Aviva Stadium de Dublin. Malgré la défaite sur le fil, le Fidjien a livré une performance éclatante, révélant tout son potentiel.
Le Stade Rochelais a tenu en échec l’une des meilleures équipes de la province irlandaise, ne cédant que dans les dernières secondes. Simeli Daunivucu, fils de l’ancien champion du monde de rugby à 7 Jone Daunivucu, a été l’un des acteurs principaux de cette rencontre haletante. Deux ans après ses débuts professionnels et une convocation surprise avec le XV de France pour la tournée d’été en Argentine, le jeune centre a confirmé son talent.
Sur le terrain, ses statistiques parlent d’elles-mêmes : « 7 défenseurs battus (plus haut total du match), 64 mètres parcourus, 13 courses, 2 franchissements, 5 offloads (record du match), 8 plaquages ». Le joueur, qui a choisi de représenter la France malgré ses origines fidjiennes, a brillamment rivalisé face à la paire hongroise Henshaw-Ioane du Leinster.
Au lendemain de la rencontre, encore ému, Simeli Daunivucu est revenu pour RMC Sport et Sud Ouest sur ce match au scénario cruel :
« C’était un match spécial, on savait qu’ils allaient envoyer du jeu et beaucoup d’agressivité dès l’entame. On a un peu subi les 10, 15 premières minutes. On a réussi à vite réagir pour essayer de revenir dans le match le plus vite possible. C’est sûr qu’on avait beaucoup [il insiste] d’opportunités pour repasser devant et pour sécuriser notre victoire, mais on n’a pas su les saisir et c’est comme ça qu’on finit à un point derrière… »
Sur la multiplicité de ces occasions, il explique :
« Surpris non, parce qu’on savait que c’était une défense qui ‘rushait’, qui allait vite monter pour nous attraper avec le ballon. Et on savait que les opportunités étaient sur les extérieurs, donc on n’était pas surpris. Mais on a juste mal concrétisé nos opportunités et ça nous a coûté le match. »
Au coup de sifflet final, l’émotion a pris le pas sur la fierté :
« Beaucoup de déception parce que j’étais assez content de ma performance. De finir à un point comme ça, sur un match où on a totalement le contrôle, totalement les clés du match en main… c’est pour ça que j’ai un peu fondu en larmes à la fin. Beaucoup de déception et c’est encore une courte défaite qui peut nous coûter cher en fin de semaine prochaine face aux Harlequins (ce dimanche à 16h15, 4e et dernière journée de la phase de poule). »
Le capitaine Grégory Alldritt a rappelé à ses troupes de vite se remettre en selle, précisant que « La Rochelle n’a pas non plus perdu un titre ». Daunivucu confirme :
« Bien sûr, il m’a dit de vite me relever parce que c’est un match de poule, ce n’est pas une finale. La finale est un peu plus tard dans la saison mais on va vite “switcher”. On va regarder les images en début de semaine prochaine, c’est sûr que ça va faire mal mais on va apprendre de ça pour être mieux dès la semaine prochaine et bien finir la saison parce que ce club a besoin de faire des matchs comme ça tous les week-ends. »
Titulaire in extremis après la maladie de Seuteni, Simeli Daunivucu a su se sublimer :
« Je ne me suis pas posé de question, je me suis dit qu’il fallait que je joue mon rugby parce que c’est ce que les coachs me demandent. Et que je sois dur sur l’homme. Je ne m’attendais pas à faire autant de percées. Mais il faut concrétiser les ballons quand on arrive à faire des percées comme ça. Il y a juste ça à régler. Pour le reste, j’essaie de garder ça tous les week-ends pour essayer d’apporter un maximum à l’équipe. »
Le soutien familial est total, avec un message réconfortant de son père venu peu après le match : « Il était très fier et très content de ma performance, même s’il n’y a pas eu victoire. »
Du côté staff, l’entraîneur Romain Carmignani s’est montré dithyrambique :
« Il a été exceptionnel ce soir. Il a marqué beaucoup de points. Le nombre de défenseurs battus et toutes ses prises de décision sous pression… Il a été au niveau, il a montré un super visage. Il s’est éclaté ballon en main, c’est son super pouvoir. Et on l’a vu prendre beaucoup de plaisir et porter l’équipe aussi. »
Libéré par la récente prolongation de contrat jusqu’en 2028, Daunivucu affirme vouloir capitaliser sur cette dynamique pour s’imposer durablement :
« Je savais qu’en faisant de bonnes performances, de bons entraînements sur le terrain, cette prolongation allait arriver toute seule. Maintenant que c’est fait, il faut prouver, avancer match après match. Il faut prendre semaine après semaine pour essayer de rester constant. »
Il ne cache pas son envie de régularité, également partagée par toute l’équipe :
« On sait qu’on est capables et on l’a prouvé ce soir. On peut mettre beaucoup d’agressivité, mais aussi déplacer le ballon. Il faut qu’on garde ça jusqu’à la fin de l’année, parce que c’est grâce à nos forces qu’on peut gagner des matchs et aller chercher quelque chose à la fin de l’année. »
Enfin, il rend hommage à son compatriote et mentor Levani Botia, désigné homme du match malgré ses bientôt 37 ans :
« ‘Lep’s’, on ne le présente plus. Je pense à la citation de Kylian Mbappé : on ne lui parle pas d’âge. Franchement, il le prouve encore ce soir. C’est un excellent joueur, c’est un grand homme aussi. Il aide beaucoup les jeunes, surtout les jeunes fidjiens, à essayer d’être performants tous les week-ends que ce soit en espoir ou en pro. Franchement, c’est un plus de l’avoir dans notre jeune carrière. »
Avec cette prestation de haute voltige, Simeli Daunivucu confirme qu’il est l’un des grands espoirs du rugby français et un élément clé pour La Rochelle dans leur quête d’excellence européenne.







