Clermont concède une troisième défaite consécutive en Champions Cup, battu à domicile par Glasgow Warriors (21-33). Malgré une seconde période plus maîtrisée et un regain d’énergie, l’ASM a une nouvelle fois mesuré l’écart qui la sépare encore des meilleures équipes européennes.
### Une campagne européenne à sens unique
Avec zéro point après trois journées, cette campagne européenne s’annonce particulièrement amère pour les supporters clermontois. Après des prestations décevantes face aux Saracens et à Sale, le match contre Glasgow a offert un scénario différent : Clermont n’a jamais baissé les bras, mais la supériorité écossaise était trop marquée.
### Vingt minutes d’entrée qui fixent le rapport de force
Dès le coup d’envoi, Glasgow a imposé un rythme intense que l’ASM n’a jamais su contrôler. Les Warriors, composés en grande partie de joueurs du XV du Chardon, ont percé à plusieurs reprises la défense auvergnate, inscrivant trois essais en moins de vingt-cinq minutes. Ballons rapides, précision technique et enchaînements fulgurants ont fait souffrir Clermont, incapable de ralentir le jeu adverse.
L’essai de Ferrie, inscrit sur un ballon porté parfaitement exécuté dès la 10e minute, symbolise la capacité des Écossais à mêler puissance, cadence et technicité.
### Un écart visible dans les rucks et dans le tempo
La clé du match s’est jouée dans la vitesse d’exécution des rucks. Glasgow a dominé avec 76 % de rucks rapides, ce qui leur a permis de multiplier les temps de possession et de prendre la défense adverse de vitesse. En revanche, Clermont a affiché des temps d’action trop longs, avec un ruck sur trois durant entre trois et six secondes, un rythme bien trop lent pour rivaliser au plus haut niveau européen.
« Quand tu as des rucks qui font dix secondes, c’est difficile de ne pas être lisible », soulignait Christophe Urios après la rencontre. Cette lenteur a directement limité l’inspiration offensive des Auvergnats.
### Du mieux dans l’état d’esprit, mais encore loin du compte
Si Clermont a nettement mieux figuré en seconde période, remportant même ce second acte (deux essais à un), les occasions de revenir au score n’ont pas été exploitées. Entre la 52e et la 62e minute, alors en double supériorité numérique, l’ASM a concédé quatre fautes et n’a obtenu que deux possessions, gâchant une belle ouverture.
### Clermont lucide sur le chemin à parcourir
Après le match, l’entraîneur Christophe Urios n’a pas cherché d’excuses, soulignant la marge de progression nécessaire pour s’imposer au plus haut niveau :
« Ce sont les joueurs qui nous permettront d’approcher le top niveau européen. Nous avons passé un mois dans le down et ce n’est pas possible. Nous ne sommes pas encore une grande équipe. Cela veut dire qu’il y a encore du travail à faire sur la qualité des joueurs, la qualité du labeur et la croyance dans ce que l’on fait. »
Cette campagne européenne aura au moins permis à Clermont de mesurer la réalité du très haut niveau et les exigences qu’il impose pour s’y installer durablement.







