Toulouse a concédé une lourde défaite dimanche à Londres face aux Saracens (20-14), après un début de match prometteur. Cette contre-performance met les Rouge et Noir sous pression pour la suite de la Champions Cup, avec une impérative victoire face à Sale samedi prochain pour rester en course.
Depuis le début de la saison, Toulouse répète un schéma inquiétant : une série rapide de points encaissés qui compromet leurs rencontres. Ce phénomène, déjà observé face à Bayonne, Pau, Glasgow ou Perpignan, s’est manifesté à Londres avant la mi-temps. Menant 7-0 et semblant maîtriser la rencontre, les Toulousains ont vu leur domination s’effondrer.
Le tournant du match est survenu lorsqu’un jeu au pied d’Antoine Dupont a été contré. En seulement dix minutes, les Saracens ont inscrit trois essais, renversant la situation et envoyant Toulouse aux vestiaires avec un retard de dix points et de nombreuses incertitudes.
Après la rencontre, Antoine Dupont a reconnu « un problème de fond » dans l’équipe : « On a eu une baisse d’énergie après le premier essai. On a été trop laxistes en défense, trop approximatifs en conquête et dans notre discipline. C’était très compliqué de jouer dans ces conditions climatiques, comme ça l’était déjà à Glasgow. Mais ce sont les mêmes conditions pour les deux équipes, et à chaque fois c’est nous qui ne nous en sortons pas. Dans un match où on sent que ça ne va pas être facile, on n’arrive pas à hausser notre intensité. Ça se répète plusieurs fois depuis le début de la saison, il va falloir qu’on soit capables de se regarder en face, de se dire les choses, de comprendre pourquoi on n’y arrive pas alors que ce sont les mêmes joueurs qui ont gagné des titres les saisons précédentes. »
La deuxième période aurait pu inverser la tendance. Capitalisant sur l’avantage du vent, Toulouse a rapidement inscrit un essai transformé, réduisant l’écart à 17-14 et relançant la rencontre. Mais un nouvel échec, quelques minutes plus tard, avec Julien Marchand freinant son équipe à quelques centimètres de la ligne, a donné la seconde reprise aux Saracens.
Par la suite, Toulouse a sombré : fautes de main, ballons perdus, touches manquées, renvois ratés, remplaçants peu impactants… L’équipe a semblé s’éteindre, incapable de réagir mentalement face à l’adversité.
Ugo Mola, l’entraîneur toulousain, n’a pas caché son inquiétude : « Il y a eu 29 ou 30 turnovers contre nous, c’est beaucoup trop de fragilités et d’imprécisions pour gagner un match à l’extérieur de ce niveau-là. On est certainement devenus un peu ordinaires, et l’ordinaire ne suffit pas pour se qualifier dans les premières places de cette compétition. Il me semble qu’on craque un peu vite, c’est évident. Pour autant, je n’y vois pas un secteur plus déficient qu’un autre. C’est un tout. Sur notre rugby, je ne nous trouve pas inspirés, pas inspirants, en tout cas sur ce match-là. Après, ça fait quatre semaines qu’on ne s’entraîne pas trop, qu’on court contre le temps, et donc après notre rugby. Ce soir, il y a eu beaucoup d’engagement, mais l’engagement ne suffit pas. Il faut plus de maîtrise, plus d’application, plus de ballon. »
L’absence de plusieurs joueurs clés parmi les trois-quarts, dont Mallia, Capuozzo, Gourgues et Ntamack, s’est également fait sentir. Parfois, ces manques passent inaperçus, mais cette fois-ci, ils ont clairement pénalisé Toulouse.







