Le Stade Toulousain a vécu une nouvelle soirée décevante à l’extérieur. Battus 20-14 par les Saracens à Londres, les Rouge et Noir confirment une tendance inquiétante cette saison : loin d’Ernest-Wallon, le triple champion de France peine à imposer son jeu quand le combat s’intensifie.
Un constat assumé par Ugo Mola
À l’issue de la rencontre, le manager toulousain n’a pas cherché à masquer la réalité. « Ordinaire. » Ce mot a été lâché sans détour. Il a ensuite expliqué que « On est certainement devenus un peu ordinaire, et l’ordinaire ne suffit pas pour se qualifier dans les premières places de la Coupe des champions. »
À domicile, Toulouse affiche pourtant toujours une intensité spectaculaire et domine ses adversaires sur la pelouse d’Ernest-Wallon. Mais dès que le contexte change, lorsque le club évolue à l’extérieur, le visage est tout autre.
Une série qui interpelle
Cette saison, Toulouse a déjà perdu six de ses neuf déplacements toutes compétitions confondues : Montpellier, Bayonne, Pau, Glasgow, Perpignan… et désormais les Saracens. Un bilan inhabituel pour un club qui, en Champions Cup, restait invaincu à l’extérieur lors des phases de poule depuis janvier 2022.
Mieux que les chiffres, c’est la manière qui inquiète. À plusieurs reprises, Toulouse semblait maîtriser les matchs avant de s’effondrer brutalement sur de courtes séquences. À Londres, un jeu au pied d’Antoine Dupont contré a suffit à inverser la dynamique. En dix minutes, les Saracens ont inscrit trois essais, renversant complètement le match.
Une instabilité pointée par Ugo Mola
Le manager a mis en avant un problème de constance : « Il me semble qu’on craque un peu vite, c’est évident. Avec le Boxing Day, les vacances à donner aux joueurs, ça fait quatre semaines qu’on ne s’entraîne pas trop, qu’on court contre le temps, et donc après notre rugby. »
Un scénario déjà vu à Glasgow le mois précédent : menés 0-21 à la mi-temps, les Écossais avaient renversé le score à 28-21, étouffant complètement Toulouse en seconde période.
Un manque de maîtrise dans les moments chauds
Le capitaine Antoine Dupont a également souligné ce problème de contrôle dans les phases décisives : « Dans un match où on sent que ça ne va pas être facile, on n’arrive pas à hausser notre intensité de jeu pour gagner. Ça se répète plusieurs fois depuis le début de la saison, il va donc falloir qu’on soit capable de se regarder en face, de se dire les choses, de comprendre pourquoi on n’y arrive pas alors que ce sont les mêmes joueurs qui ont gagné des titres les saisons précédentes. »
Une perte de bras de fer que le club dominait presque systématiquement auparavant. Les passes sont moins précises, le ballon échappe, les leaders peinent à relancer le collectif, et les remplaçants n’apportent pas toujours l’impact nécessaire.
Dupont évoquait récemment un problème d’énergie collective : « Je crois que c’est avant tout un état d’esprit général. On manque parfois d’énergie et d’enthousiasme. C’est désolant parce que ça ne nous ressemble pas. Ce n’est surtout pas le visage qu’on a envie de montrer. »
Cette lucidité est partagée dans le vestiaire. Thibaud Flament, interrogé par L’Équipe, a lui aussi appelé à plus de rigueur : « Il n’y a pas qu’une seule raison à ces trous d’air. Pour les éviter, notamment en fin de match, on s’est dit qu’il fallait faire preuve de plus de maîtrise. Être plus lucide par rapport au scénario du match, au terrain sur lequel on joue, au temps qu’il reste, au score qu’il y a. Qu’on soit plus alerte sur l’environnement et pas trop focalisés sur l’action qui se déroule. Peut-être qu’on lâche aussi un peu les matches, c’est à nous d’être plus raides. »
Dernière chance avant la phase finale
Le Stade Toulousain doit relever un dernier défi avant les phases finales. Ce samedi (18h30), le club reçoit Sale pour son dernier match de poules en Champions Cup. Une victoire s’impose pour continuer l’aventure européenne et espérer retrouver ce visage conquérant qui a fait sa force ces dernières années.






