Depuis plusieurs saisons, le Top 14 a vu disparaître les traditionnelles escortes lors des ballons hauts, transformant ces phases en de véritables duels physiques et stratégiques. Cette évolution du jeu, saluée par Brice Dulin, ancien arrière du XV de France, redonne au jeu au pied sa dimension offensive.
Interrogé par Midi Olympique, Brice Dulin explique que cette évolution était « nécessaire » : « Peu avant que la règle ne change, il n’y avait plus de duel aérien possible, tant des murailles se créaient autour du réceptionneur. Il n’y avait plus aucun intérêt, pour les équipes, à monter des jeux au pied de pression. Derrière, elles n’avaient que très peu de chances de récupérer la balle. »
Cependant, l’ex-joueur pointe un excès de zèle dans l’application des règles sous les ballons hauts : « Dès qu’un mec se replie dans son camp, il faut désormais qu’il aille à l’opposé du ballon parce que la moindre course dans une zone de cinq ou dix mètres peut traduire une escorte, et donc une pénalité, aux yeux du règlement. J’espère que ça va se réguler, au fil du temps. »
Pour Brice Dulin, le jeu au pied est aujourd’hui « redevenu une forme d’attaque » qui oblige les défenses à évoluer dans un inconfort permanent : « Le jeu au pied haut place les défenses dans l’inconfort. Rien n’est jamais acquis, dans un duel aérien. » Il insiste sur la montée en puissance des joueurs visant à rabattre le ballon d’une claquette, un geste risqué mais payant. À ce titre, il évoque un exemple récent : « À Toulouse, avec La Rochelle, on a d’ailleurs pris un essai comme ça : après une tapette, Antoine Dupont a récupéré le ballon et deux passes plus tard, il y avait essai. »
Le timing et la capacité à s’élever deviennent donc des facteurs-clés, même pour des joueurs plus petits mais vifs : « Je ne suis donc pas certain que ça desserve, au fond du terrain, des joueurs plus petits mais dotés d’un bon jump, d’une véritable appétence pour ce secteur de jeu. »
Concernant sa propre méthode pour récupérer les ballons hauts, Brice Dulin révèle : « Moi, je me servais de mon impulsion globale pour attraper le ballon ou, en restant gainé en l’air, frapper l’adversaire avec le flanc ou les fesses pour le déstabiliser. Mais la nouvelle forme est tout aussi efficace. »
Enfin, sur la question de la dangerosité du jeu aérien, il reste serein : « Je l’ai toujours dit : le jeu aérien, tu l’as ou tu ne l’as pas. L’appréhension de pouvoir à tout moment basculer, je ne l’ai jamais eue, personnellement. Je n’ai jamais pensé au danger. Et puis, au rugby, on a aussi la capacité à savoir tomber et réagir. On grandit avec ça. »







