Depuis son arrivée début novembre à Perpignan, Laurent Labit impose un nouveau cap exigeant. Le manager de l’USAP a clairement demandé à ses joueurs un investissement total, les exhortant à adopter un comportement professionnel au quotidien, pas seulement le jour du match.
Dès ses premières semaines, Labit a mis l’accent sur la responsabilité individuelle. « Je peux comprendre qu’il y ait des joueurs qui se posent des questions avec leurs agents pour savoir ce qu’ils vont faire l’année prochaine. Mais s’ils sont dans cet état d’esprit, il vaut mieux qu’ils partent maintenant […] Ce qu’on va rechercher, c’est d’être capable de monter d’un cran dans l’investissement », a-t-il affirmé. La sévère défaite contre Montpellier (0-28), avec un Posolo Tuilagi physiquement diminué, a servi de réveil.
Les résultats se font désormais sentir. Perpignan a enchaîné les victoires et le staff refuse tout passe-droit. Labit le martèle : « Les meilleurs joueront. Le maillot, il faut aller le chercher ». Des rotations ont été effectuées, certains internationaux mis au défi, et le brassard de capitaine a changé de main. Le manager estime que le problème du sérieux, de l’investissement et de l’état d’esprit est largement résolu. « Sur le comportement des joueurs et l’individualisation, je suis très satisfait », a-t-il confié à L’Indépendant.
Les joueurs eux-mêmes confirment ce changement. Après le succès face à Toulouse (30-27), le pilier Bruce Devaux expliquait : « qu’on travaille, on fait des extras, tout le monde, même pendant les vacances ».
Pour Labit, c’est la semaine entière qui compte plus que le jour du match. Il détaille encore auprès de L’Indépendant : « Le résultat du samedi, c’est un process qui se fait tout au long de la semaine. Si on se réveille à une heure du match en pensant qu’on va gagner parce qu’on joue à Aimé-Giral et que le stade est plein, ça ne suffit pas. Pour gagner le samedi, il faut commencer dès le lundi matin. C’est cette mentalité-là qu’on a essayé d’amener : faire comprendre aux joueurs qu’un match, ça se prépare tous les jours, c’est leur métier. Mais comme je l’ai déjà dit, il ne faut pas baisser la tête parce qu’on n’est pas présent à un match. On a quand même son rôle à jouer. »
La base est simple : être à 100 %. « Ce sont les joueurs qui sont sur le terrain et ils doivent d’abord se regarder eux-mêmes. Les joueurs doivent être à leur meilleur niveau. Être à 100 %, ça leur appartient et ça ne demande pas de talent ! », insiste Labit. Puis le staff ajuste son discours à chaque profil : « Avec l’expérience, on sait qu’il y a des joueurs qu’on va voir dans le bureau entre quatre yeux et ça va suffire. Certains, il faut piquer un peu l’orgueil, les secouer devant tout le monde. C’est de la psychologie. »
Les résultats donnent raison à cette méthode. « Je ne sais pas s’ils ont tous adhéré ou si ça en a crispé certains. Mais, ce que je constate, c’est que je ne peux pas dire qu’il y ait un joueur à la traîne ou qui ne travaille pas comme il faut, et c’est pourquoi les résultats sont là. » Le groupe est aujourd’hui plus large et Labit parle de joueurs « consciencieux ». Le staff peut désormais se concentrer pleinement sur le jeu : « La meilleure version des joueurs, je crois qu’on l’a aujourd’hui. Maintenant, notre travail est de les faire jouer ensemble », conclut-il.
L’USAP prépare ce samedi une rencontre cruciale pour la qualification en huitièmes de finale de la Challenge Cup contre les Lions, avant un autre rendez-vous vital pour le maintien, face à Montauban, le 24 janvier.







