Un mois après la démission fracassante de Benjamin Gufflet, l’US Dax traverse une crise majeure. Entre un retrait de points sanction grave, une urgence financière de 400 000 € et la rumeur d’un retour en force d’une figure emblématique du rugby français, le club landais lutte autant dans les coulisses que sur le terrain pour son avenir.
Sur le plan sportif, la victoire contre Carcassonne (20-15) a offert un souffle d’espoir, mais en coulisses, la situation reste critique. L’US Dax a écopé d’un retrait administratif de neuf points et doit impérativement fournir une injection de 400 000 € dans les prochains jours pour satisfaire les exigences de l’A2R, le gendarme financier. Cette somme est cruciale pour sécuriser la fin de saison.
Bien que Benjamin Gufflet et ses alliés semblent avoir mobilisé ces fonds, les actionnaires historiques, dont Philippe Jacquemain et Xavier Ponteins, restent en état d’alerte prêts à intervenir pour préserver l’institution.
L’incertitude règne également sur la succession à la tête du club. Officiellement, c’est l’homme d’affaires landais Thomas Medina qui assure l’intérim. « Les actionnaires historiques ont voulu que j’y aille. C’est à leur demande. J’ai accepté le challenge », expliquait-il lors de sa prise de fonction. S’il évoque clairement ses ambitions, « Ça pourrait effectivement continuer avec moi », il sait que la partie ne fait que commencer.
Toutefois, un nom plus retentissant circule en coulisses : René Bouscatel. Ancien bâtisseur de l’hégémonie du Stade Toulousain et ex-président de la Ligue Nationale de Rugby, il aurait été sollicité pour reprendre les rênes du club. Cette hypothèse ravit certains supporters mais inquiète aussi les autorités locales. Le maire de Dax, Julien Dubois, se montre prudent : « J’ai entendu parler de l’hypothèse René Bouscatel, mais la mairie ne pousse pas du tout derrière […] Nous avons besoin de gens qui apportent un financement pérenne pour nous permettre de nous projeter sur la fin de saison, et la suivante. »
Pour tenter de sortir de cette impasse, l’US Dax envisage un retour à une gouvernance bicéphale, avec un conseil de surveillance séparé d’un directoire opérationnel. Cette réorganisation permettrait de mieux différencier les rôles des investisseurs et des décideurs. En attendant une assemblée générale extraordinaire, sans cesse reportée, Thomas Medina travaille avec l’avocat Arnaud Dupin : « On travaille sur la mise en place d’une nouvelle gouvernance et, avec nos conseils, pour déposer l’appel. »
À la croisée des chemins, le club landais doit choisir un pilote capable de maintenir l’équipe dans la hiérarchie tout en assurant une gestion rigoureuse dans ce climat de « vigilance absolue ». Entre l’urgence portée par Thomas Medina et l’ombre tutélaire de René Bouscatel, l’avenir de l’US Dax reste en suspens.







