À l’aube du Tournoi des Six Nations, le poste d’ouvreur français est au centre de toutes les attentions. Après une période chahutée par les blessures et la concurrence, Matthieu Jalibert s’apprête à reprendre les commandes du jeu tricolore, rapporte *Midi Olympique*.
Cette opportunité est cruciale pour le demi d’ouverture de l’UBB, dont l’avenir en équipe de France dépend désormais d’un élément essentiel : sa capacité à s’imposer durablement aux côtés d’Antoine Dupont.
Depuis 2023, les trajectoires de Jalibert et Romain Ntamack sont intimement liées. Lors de la préparation de la Coupe du monde, le Toulousain s’est lourdement blessé au genou, quelques semaines après son essai décisif en finale du Top 14. Jalibert a alors pris le relais, mais sans parvenir à convaincre pleinement. L’association avec Dupont a peiné à trouver son équilibre, le jeu axial et percutant du capitaine limitant l’influence du Bordelais.
L’absence de Dupont durant le Tournoi 2024, engagé avec l’équipe de France 7 aux Jeux olympiques, semblait être une belle occasion pour Jalibert. Pourtant, associé à Maxime Lucu, son complice de l’UBB, ses trois prestations sont restées mitigées, notamment lors du match nul frustrant face à l’Italie à Lille (13-13). Cette contre-performance a poussé Fabien Galthié à revoir sa copie.
Thomas Ramos a alors été repositionné à l’ouverture, offrant aux Bleus une fin d’année éclatante avec cinq victoires consécutives, dont deux succès prestigieux contre l’Angleterre et la Nouvelle-Zélande. La voie semblait toute tracée pour un retour en force de Ntamack en 2025.
Mais cette dynamique a été brisée. Longtemps gêné au genou et opéré durant l’été, Ntamack n’a jamais retrouvé son meilleur niveau, tandis que Jalibert, lui, flambait sous le maillot bordelais, allant jusqu’à soulever la Champions Cup. Malgré cela, Galthié continuait de placer sa confiance en Ntamack.
Le 28 décembre, la donne a changé brutalement. Au Stadium, lors d’une lourde collision contre La Rochelle, Ntamack a subi un traumatisme au bas du dos, touchant un rein. Son indisponibilité est estimée à au moins trois semaines, jusqu’au choc France-Irlande. Cette blessure ouvre la porte à Jalibert, désormais grand favori pour débuter le Tournoi avec le numéro 10.
Cette fois, le Bordelais semble mieux préparé. Plus solide dans ses interventions défensives, plus constant dans la conduite du jeu, il profite également d’un contexte favorable : Thomas Ramos joue désormais très peu à l’ouverture en club, laissant sa place à Blair Kinghorn, plus fiable défensivement.
Reste une réalité implacable : Jalibert sait que le droit à l’erreur sera quasi nul.
Au moindre faux pas, la question de sa compatibilité avec Dupont ressurgira, particulièrement face à une équipe irlandaise d’Andy Farrell qui ciblera cette zone clé défensive.
Pour Matthieu Jalibert, il ne s’agit plus de promesses, mais bien de confirmation.







