S’imposer dans un club d’élite, habitué à dominer et à accumuler les titres, n’est jamais une mince affaire. Cédric Heymans, ancien international et ailier-arrière du Stade Toulousain, en sait quelque chose. Arrivé en 2001 en provenance d’Agen, il a dû se battre pour trouver sa place dans un vestiaire extrêmement compétitif. Plus de vingt ans après, il témoigne sans détour de cette période clé de sa carrière.
Invité ce dimanche 18 janvier sur RMC dans l’émission *Les Grandes Gueules du Sport*, où il intervient régulièrement, Heymans est revenu sur la notion de transmission dans le rugby. Sans citer de noms, il a évoqué les difficultés rencontrées à ses débuts, notamment l’attitude de certains cadres du club.
« Certains n’ont pas été très cool. Même pas cool du tout. Le vestiaire est une jungle. Et si tu n’es pas prêt à mordre les autres, dans les règles, tu n’y arriveras pas. Et par moments, c’était un peu “moyenasse”. » Ce constat amer illustre la dure loi de la concurrence en haute compétition. Selon lui, les rapports de force internes prennent parfois le pas sur la performance collective.
Poursuivant son analyse, Heymans souligne les jeux de pouvoir qui règnent parfois dans les groupes d’élite. « Quand tu es dans un vestiaire où les anciens font tout pour garder leur place même s’ils ne sont pas au niveau et usent de leur influence auprès des coachs, ça devient très moyen. »
Avec du recul, le joueur de 47 ans peut néanmoins être fier de son parcours exceptionnel : quatre Coupes d’Europe — avec Brive en 1997 puis Toulouse en 2003, 2005 et 2010 — ainsi que trois Tournois des Six Nations remportés avec le XV de France (2004, 2006, 2007). Son palmarès, complété par 59 sélections, atteste de sa capacité à s’imposer malgré un environnement parfois hostile.
Fort de cette expérience, Heymans a choisi de ne pas laisser les générations suivantes vivre les mêmes épreuves. À Toulouse, il a pris sous son aile Maxime Médard, jeune talent arrivé en 2004, pour l’accompagner et le protéger.
« Je n’avais pas envie qu’il souffre de ça. J’avais envie de l’encadrer, c’est un vrai bon mec donc tu avais l’envie de l’aider. » Ce témoignage poignant révèle les coulisses parfois rugueuses des vestiaires professionnels et rappelle que la transmission, au-delà des titres, demeure un enjeu majeur dans la construction des grandes équipes.







