Au-delà des débats purement techniques, une question plus feutrée mais persistante traverse ce Tournoi des Six Nations : Antoine Dupont a-t-il réellement la volonté – ou l’envie – de s’installer durablement avec Matthieu Jalibert à la charnière des Bleus ? En toile de fond, une relation forte, presque fusionnelle, avec Romain Ntamack, qui nourrit interrogations et soupçons.
Dupont–Ntamack : une complicité fondatrice
Depuis leurs débuts conjoints en équipe de France, Antoine Dupont et Romain Ntamack incarnent une charnière presque naturelle. Automatismes, communication non verbale, confiance absolue : leur duo s’est construit dans la durée, renforcé par des titres, des matchs références et une vision du jeu commune.
Cette proximité dépasse le simple cadre tactique. Elle est humaine, émotionnelle, presque instinctive. Et dans un sport où la charnière est le cerveau de l’équipe, ce lien pèse lourd.
Jalibert, un 10 talentueux… mais isolé ?
Matthieu Jalibert n’a jamais manqué de qualités. Créatif, imprévisible, capable de coups d’éclat, il incarne une autre lecture du poste d’ouvreur. Mais à la charnière avec Dupont, quelque chose semble parfois manquer : fluidité, continuité, évidence.
Les observateurs notent des enchaînements moins naturels, des temps de décision parfois décalés, comme si les deux joueurs jouaient juste… mais pas toujours ensemble. Difficile de dire si cela relève d’un manque d’automatismes, de styles incompatibles, ou d’une volonté pas totalement assumée de construire sur la durée.
Une question de volonté plus que de niveau ?
Le doute n’est pas tant sur le talent de Jalibert que sur l’adhésion pleine et entière de Dupont à cette association. Le capitaine des Bleus, leader absolu, semble parfois plus en confiance, plus libéré, lorsqu’il évolue avec Ntamack à ses côtés.
Sans jamais l’exprimer publiquement — Dupont reste irréprochable dans son discours — certains choix sur le terrain interrogent : orientation du jeu, prises d’initiative personnelles, gestion du tempo. Autant d’indices qui laissent penser que la connexion avec Jalibert n’est peut-être pas une priorité naturelle pour lui.
Le poids du leadership de Dupont
Dans une Équipe de France de rugby, Antoine Dupont n’est pas un joueur comme les autres. Son influence dépasse largement son poste. S’il croit profondément en une charnière, elle s’impose. S’il doute, même légèrement, cela se ressent.
Dès lors, la question devient presque politique :
👉 peut-on installer durablement Jalibert à l’ouverture sans l’adhésion totale de Dupont ?
👉 Ou faut-il au contraire construire autour du duo Dupont–Ntamack, quitte à limiter les options ?
Un non-dit qui pourrait peser lourd
Aucun conflit ouvert, aucun mot déplacé, aucune déclaration polémique. Mais dans le rugby de haut niveau, les silences parlent souvent plus fort que les discours. Et ce Six Nations pourrait bien révéler une vérité inconfortable : la meilleure charnière de France n’est peut-être pas celle qui pose le plus de questions… mais celle qui en pose le moins.
Si Jalibert veut s’imposer durablement, il devra non seulement briller individuellement, mais surtout créer une évidence collective avec Dupont. Sans cela, la proximité entre Dupont et Ntamack continuera de peser, subtilement mais sûrement, sur les choix du staff.







