La récente réforme des crédits internationaux et la hausse du salary cap ont ravivé une polémique : le Stade toulousain serait-il une cible privilégiée des instances dirigeantes du rugby français ? Une accusation rapidement démentie par les responsables de la Ligue Nationale de Rugby (LNR) et de la Fédération Française de Rugby (FFR).
Dans un entretien accordé à Midi Olympique, Yann Roubert, président de la LNR, et Florian Grill, président de la FFR, ont tenu à dissiper les malentendus. Les ajustements réglementaires, perçus par certains comme une mesure hostile contre le club rouge et noir, grand fournisseur de joueurs internationaux, ne sont en réalité qu’une réponse collective aux enjeux du Top 14.
« C’est assez agaçant d’entendre ça. Notre législation n’est pas du tout hostile à Toulouse, pas plus que l’ancienne direction ne l’était vis-à-vis de Clermont : l’ASMCA était à l’époque plus gros fournisseur d’internationaux français et avait vu sa masse salariale baisser », rappelle fermement Yann Roubert.
Le président de la LNR souligne par ailleurs que ces évolutions ont été adoptées en concertation étroite avec le Stade toulousain, représenté par Didier Lacroix, vice-président de la LNR. « Tout ça a été fait en parfaite adéquation avec le Stade toulousain, Didier Lacroix étant vice-président de la LNR et membre du bureau. On a simplement considéré que c’était bon pour la communauté du Top 14 », précise-t-il.
Florian Grill élargit la perspective en insistant sur l’identité du Top 14, qu’il défend envers et contre tout. « Yann ne le dira pas alors je le dirai pour lui : le Top 14 est le meilleur championnat au monde parce qu’il est attaché à ses territoires. À l’inverse du projet « R360 » qui était apatride et contre lequel on a lutté en embarquant toutes les nations derrière nous », ajoute-t-il.
Sur l’augmentation de 300 000 euros du salary cap, les deux présidents s’accordent sur la nécessité et la pertinence de cette mesure. « Avant de proposer cet ajustement, nous avons échangé avec toutes les parties prenantes du rugby français, dont la FFR », insiste Yann Roubert. Florian Grill complète : « C’est une augmentation très raisonnable qui permettra d’embaucher deux ou trois joueurs supplémentaires par club, afin de favoriser la rotation des effectifs. »
Loin d’une cabale ciblée, ces réformes visent à renforcer l’équité et la compétitivité du championnat, un équilibre délicat mais indispensable pour assurer l’attractivité et la pérennité du rugby français à tous les niveaux.







