L’affaire qui a secoué le rugby français ces derniers mois trouve enfin son dénouement. Max Guazzini, poursuivi pour diffamation à la suite de ses déclarations dans un documentaire consacré à Christophe Dominici, a été relaxé par le tribunal correctionnel de Lyon, mettant fin à un litige judiciaire très suivi par les passionnés de rugby et les médias, rapporte Midi Olympique.
Mardi soir, la 6e chambre correctionnelle du tribunal de Lyon a rejeté toutes les demandes de Samir Ben Romdhane, réfugié aux Émirats arabes unis et à l’origine de la plainte, qui réclamait 10 000 euros de dommages et intérêts. Ces poursuites faisaient suite aux propos tenus par Guazzini dans un film diffusé en 2023 sur la chaîne L’Équipe.
Dans ce documentaire dédié à l’ancien ailier international décédé en novembre 2020, Guazzini déclarait :
“Il a été victime d’escrocs. Des gens lui ont fait croire qu’il était en contact avec un riche investisseur. Ils lui ont soutiré de l’argent. Ces gens-là sont responsables de sa mort, que ça soit un accident ou un suicide. Ils l’ont déstabilisé.”
Ces accusations avaient été jugées diffamatoires par Samir Ben Romdhane, dont le nom reste lié à la tentative avortée de rachat de l’AS Béziers Hérault et aux derniers mois de la vie de Christophe Dominici.
Absent de l’audience, le plaignant était représenté par son entourage. Philippe Baillard, bras droit de Ben Romdhane, a défendu la réputation de l’homme d’affaires :
“Je souhaite témoigner de la bonne foi de M. Ben Romdhane. Le rapport que nous avons eu avec Christophe Dominici était amical. C’était un bon gars, quelqu’un avec un grand cœur.”
Le témoignage émouvant de Loretta Denaro, veuve du champion, a aussi apporté une dimension humaine à ce dossier :
“Christophe a été détruit par ce dossier de reprise de l’ASBH parce qu’il a été humilié devant la France entière.”
À l’issue des débats, le tribunal a estimé que les propos de Guazzini ne constituaient pas une diffamation au sens pénal. Samir Ben Romdhane a été débouté de toutes ses demandes et Max Guazzini totalement relaxé.
Réagissant à cette décision, Guazzini a rappelé la gravité humaine de l’affaire :
“Il y a mort d’homme dans cette histoire, ne l’oublions jamais. Moi, j’ai certes parlé d’escrocs mais sans nommer personne. […] Je n’ai jamais douté de l’issue de ce procès. Vous en tirerez d’ailleurs les conclusions que vous voudrez.”
Cette relaxe clôt juridiquement un dossier qui a profondément marqué le rugby français. Elle ne fait cependant que renforcer le souvenir de Christophe Dominici, dont la carrière exceptionnelle et la fin tragique continuent de faire débat. Le monde du rugby se souvient toujours de « Domi » comme d’un joueur au talent inestimable, dont la disparition reste une blessure vive dans l’histoire du sport.







