Karim Ghezal, manager du LOU Rugby et ancien membre du staff du XV de France, s’est livré au Midi Olympique sur la récente mise à l’écart de joueurs clés comme Penaud, Fickou et Alldritt, en amont du Tournoi des Six Nations.
« Le raisonnement, je ne peux pas en juger de l’extérieur », confie-t-il. Selon lui, Fabien Galthié a toujours fonctionné de manière collégiale, associant l’ensemble du staff pour dresser une liste de 42 joueurs avant de débattre des choix. « Chaque membre du staff pouvait faire sa liste… chacun pouvait amener son point de vue en fonction de sa spécialité », souligne-t-il, insistant sur l’ouverture à la discussion qui caractérise le sélectionneur, même si la décision finale lui revient.
Sur le déclassement de ces cadres, Ghezal évoque un contexte inédit : « Il est évident qu’aujourd’hui il y a de plus en plus de talents. On assiste à un mélange de générations avec des joueurs cadres qui ont fait énormément pour l’équipe de France, et en parallèle des jeunes qui apparaissent. » L’objectif reste clair : réitérer la victoire du Tournoi obtenue l’an dernier lors des trois prochains matchs à domicile, malgré une forte concurrence interne qui impose des choix drastiques.
En tentant de se glisser dans la tête de Galthié, il rappelle la philosophie du sélectionneur : « Fabien a toujours répété cette phrase de ‘venir chercher le maillot’. Plutôt que de parler au sujet de ceux qui n’y sont pas, il faut s’intéresser à ceux qui y sont. » La nouvelle convention avec la Fédération ajoute une contrainte supplémentaire, limitant les allers-retours des joueurs hors sélection dans le groupe de 28, ce qui pourrait expliquer la rotation actuelle : « peut-être que les absents d’aujourd’hui reviendront plus tard… »
Le manager évoque aussi l’importance de maintenir un groupe élargi, composé parfois de joueurs de Pro D2, pour dynamiser les entraînements et garder un haut niveau d’émulation pendant la longue durée du Tournoi. « Le Tournoi dure quasiment 2 mois. Alors, si on garde les mêmes ‘partenaires d’entraînement’ pendant 2 mois… » signe-t-il.
Concernant les grosses discussions autour des absences, Ghezal ne doute pas qu’elles aient été nombreuses, au regard de l’expérience et du respect que ces cadres inspirent : « Je me souviens que l’an dernier, Damian n’avait pas joué contre l’Italie avant de revenir pour affronter l’Irlande… » Il rappelle que l’absence sur la première liste ne signifie pas une exclusion définitive : « ce n’est pas parce qu’ils ne figurent pas sur la première liste qu’ils ne participeront pas au Tournoi. »
Il anticipe même un retour rapide de ces joueurs expérimentés : « Ils l’ont fait l’année dernière, donc je pense que ce sont des joueurs qui apparaîtront sur les matchs du Tournoi. Ils ont tellement d’expérience et tellement de vécu avec le groupe. »
À propos de certains joueurs disposant de peu de temps de jeu cette saison — François Cros, Tevita Tatafu, Cyril Baille ou Uini Atonio — Karim Ghezal préfère la prudence. « C’est difficile d’en parler quand on n’y est pas. Les discussions sont toujours animées, elles durent longtemps… Et Fabien a toujours ouvert la discussion à tous les coachs, même aux préparateurs physiques. Ce n’est qu’à la fin que le boss tranche, avec beaucoup de respect. » Pour lui, l’objectif reste inchangé : « gagner le Tournoi et peut-être faire un autre Grand Chelem », un but pour lequel le staff a travaillé « de façon très acharnée ».







