Fabien Galthié dévoile un groupe de 42 joueurs pour préparer le match inaugural du Tournoi des Six-Nations contre l’Irlande, mais ses choix provoquent déjà le débat.
Le sélectionneur des Bleus a fait part de sa vision dans un entretien accordé à L’Équipe, où il revient sur ses décisions parfois controversées. « Il faut surtout être clair dans sa tête. Les décisions sont toujours mûries et réfléchies. C’est comme ça que je fonctionne depuis que je suis en poste. On doute parfois mais nos décisions sont évidentes. On se donne le temps car on l’a », explique-t-il.
Parmi les 42 joueurs convoqués, 28 sont identifiés comme les candidats les plus sérieux pour composer le XV de départ lors du match contre l’Irlande le 5 février, tandis que les 14 autres auront pour mission d’accompagner la préparation. « Certains ne resteront que deux ou trois jours, mais au moins on pourra avoir une idée de là où ils en sont vraiment physiquement et psychologiquement », précise-t-il, évoquant notamment la fatigue accumulée par certains joueurs depuis le début de saison.
Le technicien ne cache pas son choix audacieux d’écarter des cadres habituels tels que Grégory Alldritt, Gaël Fickou ou Damian Penaud. « Ce sont aussi toujours des joueurs importants du second mandat. Mais une sélection est une photo à l’instant T. Il faut être juste, créer une émulation et une concurrence », justifie-t-il. « Le plus important c’est d’être juste. Et c’est le cas pour ces trois joueurs. »
Interrogé sur la question de leur indiscutabilité, Galthié botte en touche : « Ça veut dire quoi être indiscutable en équipe de France ? C’est une bonne question, mais je n’ai pas la réponse. La règle de ce jeu et de la sélection, c’est la place à ceux qui le méritent. Eux l’ont mérité énormément et ils le mériteront sûrement dans le futur. »
Toutefois, le sélectionneur laisse la porte ouverte à un retour prochain : « Je suis certain qu’ils reviendront avec nous. À aucun moment, il n’y a une remise en question de ce qu’ils ont pu faire avec nous. Mais d’autres évoluent à côté, émergent, poussent, grandissent et sont convaincants en club. »
Galthié explique pourquoi il a préféré ne pas les convoquer pour de courtes séances d’entraînement, soulignant l’importance de leur permettre de souffler : « Quel est le bénéfice pour un joueur de ce profil de jouer le rôle des Irlandais lors de nos entraînements ? Ne vaut-il pas mieux se régénérer ? » Selon lui, cette décision profite aussi aux plus jeunes, qui « peuvent vivre la préparation d’un match international à Marcoussis et jouer le rôle de l’Irlande ».
Le virage s’est opéré en 2024, avec une évolution progressive de la stratégie menée avec ces joueurs « Depuis le Tournoi 2024, je leur ai dit qu’on avancerait ensemble. En 2025, il pouvait y avoir des aménagements. Puis en 2026, que c’était une forte possibilité », rappelle Fabien Galthié. « Dès qu’on met une organisation en place avec une vision très claire, il ne faut pas s’empêcher d’accepter l’évolution et la transformation. Rester figé sur des concepts aurait été une erreur. »
Pour conclure, le sélectionneur prône un équilibre entre expérience individuelle et émulation collective pour maintenir l’équipe de France à son plus haut niveau. « C’est le chemin qu’on a choisi pour continuer à avancer. »







