L’ouvreur de l’Union Bordeaux-Bègles, Matthieu Jalibert, réalise un début de saison remarquable avec son club. En raison de la blessure de Romain Ntamack, il devrait logiquement occuper le poste d’ouvreur pour le prochain match contre l’Irlande.
Interrogé par L’Équipe, Fabien Galthié a salué la maturité acquise par Jalibert, mais aussi par Ntamack et Thomas Ramos. « Il a grandi. Je veux parler de lui mais aussi de Romain Ntamack et Thomas Ramos. »
Face au rappel du journaliste sur son soutien passé à Ntamack dans les moments difficiles, Galthié répond avec la même franchise : « Comme je suis venu au soutien de Matthieu Jalibert et de Thomas Ramos par le passé. Et comme je soutiens aujourd’hui ceux que vous avez cités qui ne sont pas dans la liste. »
Sur le débat récurrent opposant Ntamack à Jalibert, le sélectionneur apporte son éclairage : « Ça fait discuter oui. Je vais vous parler de mon expérience personnelle. En 64 sélections de 1991 à 2003, j’ai joué avec dix numéros 10 et je pense que j’en oublie. En France, il y a un romantisme, un amour pour ce qu’on appelle la charnière. Elle est souvent responsable de la victoire et de la défaite. Beaucoup de la défaite d’ailleurs. Moi, j’essaie de me concentrer sur une cohérence dans le choix des joueurs.
Cela vaut pour Romain Ntamack, avec qui on a gagné les deux Tournois (2022, 2025), Matthieu Jalibert, avec qui on a gagné beaucoup de matches. Et parfois avec les deux. Cela vaut aussi pour Thomas Ramos avec qui on a également gagné beaucoup de matches. Ce sont nos trois numéros 10 depuis maintenant sept saisons. Je suis très satisfait d’eux et je n’ai pas envie de les opposer. Ce sont des joueurs différents, de grande qualité et, à mon avis, complémentaires pour l’équipe de France. »
Fabien Galthié s’est ensuite arrêté plus longuement sur la saison de Jalibert : « Il fait une très bonne saison. Il n’a pas pu être convoqué cet automne parce qu’il s’était blessé aux quadriceps de la jambe droite lors de son dernier match de Championnat (contre Bayonne le 25 octobre). Qui vous dit qu’il n’aurait pas joué en novembre s’il n’avait pas été blessé ? Et qui vous dit quelle était notre position par rapport à Matthieu et Romain ? Parfois, on entend des commentaires sur le thème « pourquoi ils jouent ou pourquoi ils ne jouent pas ». C’est un peu gênant. Moi je ne fais pas de commentaires si ce n’est à eux. Je prends toujours le soin de leur dire les choses. On a le droit de se tromper et d’être moins bon. »
Au mois de septembre, Jalibert avait exprimé son sentiment de ne pas avoir été suffisamment soutenu lors de ses difficultés en équipe de France. Un point que Galthié regrette et prend très au sérieux : « Si c’est son impression, je l’entends. Il a le droit et le devoir de me le dire. Et moi j’ai le devoir de l’amener dans le meilleur état possible pour performer. Si le joueur dit « le sélectionneur ne m’a pas aidé », je vais essayer de faire mieux. Vraiment. J’ai une obligation qui est de faire bien et de faire mieux. »







