Le troisième ligne international Paul Boudehent a livré un entretien franc et lucide à Ici La Rochelle, dressant un bilan sans fard de la saison du Stade Rochelais, marquée par une élimination douloureuse en Champions Cup face aux Harlequins.
« On essaie de l’avaler, mais c’est vrai que c’est compliqué. Je suis d’un naturel optimiste, donc j’ai tendance à vouloir aller de l’avant. Ce qui est passé, c’est derrière nous. Si je te dis qu’on n’a pas de regrets, je suis un menteur. Mais maintenant il y a le Top 14 à aller chercher, la Challenge Cup aussi. Il faut avancer », confie le joueur.
Pour Boudehent, le club traverse « la fin d’un cycle », une réalité qu’il n’hésite pas à évoquer ouvertement. « C’est une bonne question. C’est la question qu’on se pose tous. Le problème, c’est qu’il n’y a pas de solution miracle. La fin d’un cycle, oui, c’est une certitude. Et à mon sens, ce n’est pas un tabou, ce qui devait arriver arriva, c’est dans l’ordre des choses. Pour moi, ce n’est pas grave », insiste-t-il.
Il rappelle l’inéluctable passage du temps, notamment au sein d’une équipe de trentenaires : « Au bout d’un moment, quand tu gagnes avec une équipe de trentenaires, cinq ans plus tard, ils en auront 35, il n’y a rien de surprenant. Toutes les équipes qui ont eu des premiers grands succès, et c’est valable dans tous les sports, derrière, il y a eu une phase de moins bien. Le vrai défi est là. Comment va-t-on réagir, comment rebondir ? »
Sur l’éventuelle fin de cycle du staff technique, Boudehent reste mesuré mais clair : « Ce n’est pas à un joueur de répondre à cette question. Moi, la seule chose que je demande au staff, c’est qu’il faut qu’il soit aligné. Les joueurs vont et viennent, mais si ton staff est aligné, il n’y a pas de problème, tu le gardes. Si malheureusement ce n’est pas le cas, et qu’en même temps on est sur une fin de cycle, pourquoi pas amener un peu de fraîcheur dans le staff aussi. »
Face aux défis à venir, le Stade Rochelais se concentre désormais sur le Top 14 et la Challenge Cup. Boudehent fixe les priorités sans détour : « L’objectif premier, et de loin, c’est le bouclier. La Challenge Cup vient en deuxième position. […] Il faut arrêter de faire les bourgeois parce que si tu ouvres l’armoire à trophées à La Rochelle, il n’y en a que deux, donc tu ne vas pas cracher sur la Challenge Cup qui sera potentiellement ton troisième trophée. Ce n’est pas beaucoup trois trophées. »
Toutefois, le troisième ligne déplore un effectif fragilisé par les blessures : « On pourrait presque faire un 15 de départ actuellement à l’infirmerie. J’exagère un peu, mais on a des joueurs d’une qualité extraordinaire. Le problème, c’est qu’il faut que tout le monde aille dans la même direction, on y travaille. »
Enfin, Paul Boudehent évoque son retour en équipe de France pour le Tournoi des Six-Nations, soulignant son souhait de performer à la fois en club et en sélection : « La priorité, c’était vraiment le club. Et personnellement, de me remettre en jambe pour pouvoir rejouer rapidement. L’équipe de France, c’est la cerise sur le gâteau. La première étape, c’était de retrouver les terrains, ça c’est coché. Et après, de performer en club et d’enchaîner les matchs. Après bien sûr, l’équipe de France, c’est un objectif. Comme tous les joueurs français, j’ai envie d’y être. »







