La liste des 42 joueurs sélectionnés par Fabien Galthié pour l’ouverture du Tournoi des 6 Nations a déclenché une onde de choc, en France comme à l’étranger. En écartant trois cadres majeurs du XV de France — Damian Penaud, Grégory Alldritt et Gaël Fickou — le sélectionneur a pris un pari audacieux, immédiatement scruté et commenté, notamment en Irlande, futur adversaire des Bleus.
Cette décision radicale a suscité l’incompréhension de Bernard Jackman, ancien talonneur international irlandais (9 sélections entre 2005 et 2008) et désormais consultant rugby. Sur le RTE Rugby Podcast, il a exprimé sa surprise face à la stratégie française.
« Écarter Damian Penaud, Grégory Alldritt, Gaël Fickou, cela n’arriverait pas en Irlande, c’est tout simplement impossible », a-t-il affirmé, soulignant le risque majeur que ce choix fait peser sur le sélectionneur. « Si cette stratégie se retourne contre lui, Fabien Galthié sera limogé, c’est le risque. »
Pour justifier son point de vue, Bernard Jackman a invoqué la politique de sélection d’Andy Farrell, entraîneur de l’Irlande, réputé pour sa fidélité envers ses cadres. Illustrant son propos, il a cité deux joueurs irlandais essentiels, malgré une forme jugée perfectible : « Si vous regardez deux des joueurs irlandais les plus exceptionnels des cinq, six, sept dernières années – Bundee Aki et James Lowe – aucun des deux n’est en grande forme, mais je peux comprendre pourquoi Farrell les veut dans l’équipe. Il leur fait confiance, ce sont des joueurs de grands rendez-vous et il espère pouvoir les remettre rapidement au niveau. C’est peut-être aussi le signe d’un manque de profondeur d’effectif. »
Bernard Jackman a également mis en avant la portée symbolique de ces choix, qui touchent au cœur du leadership des Bleus. « Il a écarté trois capitaines, Penaud, Alldritt et Fickou étaient tous des leaders importants de cette équipe. […] N’oubliez pas qu’ils ont été plutôt mauvais en novembre et que cette annonce est une réaction à cela, et si vous faites revenir Antoine Dupont comme capitaine, vous pouvez de toute façon faire à peu près ce que vous voulez », a-t-il ajouté.
Le 5 février prochain, lors de l’affrontement entre la France et l’Irlande au Stade de France, le XV de France ne disputera pas seulement un match d’ouverture. Il mettra à l’épreuve une stratégie forte, déjà scrutée avec attention des deux côtés de la Manche.







