Quelque chose d’unique se produit à Montpellier dans le rugby moderne. Ce samedi, Christopher Tolofua, de retour face à son ancien club Toulon, ne sera pas seulement le talonneur puissant que l’on connaît.
À 32 ans, le joueur formé à Toulouse s’est lancé un pari exceptionnel : devenir un pilier droit capable de résister en mêlée fermée. Une reconversion rare, évoquant les plus grandes légendes néo-zélandaises.
**Un test « plus que concluant » au Pays de Galles**
Samedi dernier, face aux Ospreys, Tolofua a franchi une étape décisive. Pour la première fois de sa carrière, il a débuté avec le numéro 3 dans le dos. Opposé aux solides Gallois, il a disputé onze mêlées en 50 minutes, avec un bilan impressionnant : dix mêlées parfaitement stables et une seule pénalité, qui ne venait même pas de son camp.
Déjà reconnu comme l’un des meilleurs talonneurs au monde dans l’exercice de la mêlée, Tolofua démontre qu’il possède aussi la force et la technique pour briller en pilier droit, un poste pourtant réputé beaucoup plus ingrat.
**Une transformation physique sculptée durant l’été**
Cette évolution n’est pas le fruit du hasard. Elle a été mûrement réfléchie avec son manager, Joan Caudullo, dès la fin de l’année 2024. Le coach montpelliérain affichait ses ambitions : « Il a la dimension pour occuper le poste, et surtout la détermination. Ça peut devenir une vraie option. Il faut une bonne pré-saison pour le sculpter. »
Christopher Tolofua a donc passé l’été à se transformer physiquement, renforçant son bas du corps et travaillant des postures de poussée totalement nouvelles. Ce nouveau profil, il le vit avec amusement tout en gardant un clin d’œil pour ses anciens entraîneurs : « Je lui fais un clin d’œil (à Patrice Collazo) parce qu’il a toujours voulu me faire jouer à droite. »
**« Faire durer ma carrière »**
Pourquoi opérer ce changement à 32 ans ? Pour Tolofua, c’est avant tout une question de longévité. Le poste de talonneur exige une dépense énergétique importante et des courses incessantes, au prix d’un corps qui finit par souffrir. En glissant au poste de pilier, il espère ménager son organisme tout en apportant sa puissance brute au MHR.
« J’avais vraiment envie de ce défi. Et c’était mon idée. Le poste de talonneur est très exigeant en termes de courses, de déplacements. Je sens que ce changement peut me faire durer ma carrière. Je le prends vraiment comme une opportunité », assure-t-il à Midi Libre, avec son sourire légendaire.
Désormais capable d’évoluer entre les deux postes, « Tolo » offre une polyvalence précieuse au Montpelier Hérault Rugby, tout en s’offrant un nouveau souffle pour les années à venir.







