Vincent Moscato a livré son analyse, via RMC Sport, sur la décision forte de Fabien Galthié d’écarter dès le premier match du Tournoi des Six Nations trois piliers du XV de France : Damian Penaud, Gaël Fickou et Grégory Alldritt.
Pour l’ancien international, ce choix marque avant tout une mise en garde : « Pour moi, ils ne sont pas condamnés. C’est une mise en garde avant la Coupe du monde. C’est pour leur dire de se remettre dans le coup car des mecs arrivent comme des avions. Donc il faut s’y filer. Tous les entraineurs fonctionnent comme ça. Mais écarter ces joueurs d’entrée dès le début du Tournoi, c’est très fort. Il veut marquer le coup car on est à 18 mois de la Coupe du monde. » Moscato souligne aussi les exigences physiques du poste : « Il faut des mecs forts sous les ballons hauts, il faut un 8 très pénétrant et défensif. C’est un métier qui use le rugby et ça crève les paillasses. Il y a un renouveau qui se fait. On a été surpris car on ne s’y attendait pas, ni pour Penaud, ni Fickou et encore moins Alldritt car j’avais l’impression qu’il était revenu. »
L’ex-joueur redoute cependant que certains, à l’image de Gaël Fickou, ne se perdent : « Tu peux perdre Gaël mais tu peux aussi lui donner l’envie de défoncer tout le monde, donc tu ne sais pas. Mais il y a des mecs compétitifs et Galthié fait un roulement. »
Vincent Moscato revendique une position de compréhension vis-à-vis de Fabien Galthié, rappelant que le sélectionneur reste le maître des choix : « Fabien Galthié fait des choix mais ils ne sont pas irrémédiables. Pour moi, Damian Penaud va vite revenir dans le groupe France, il n’y a pas de problème. Qu’il l’ait mal pris et qu’il ait des états d’âme, c’est normal quand tu as 50 sélections et que tu es le meilleur marqueur d’essais de la sélection après avoir dépassé Serge Blanco. C’est un peu un sénateur sans le vouloir et tu es touché par cela. Tu souffres quand ton nom ne revient pas, tu te demandes ce qu’il se passe. Mais ce n’est pas la première fois que Fabien Galthié lui dit. »
Moscato décrit ensuite Damian Penaud comme un joueur hors norme, aussi bien sur le terrain que dans sa vie privée : « Damian Penaud est un type à part. C’est un génie du ballon, mais dans la vie il est surprenant. C’est un gars qui joue aux échecs jusqu’à 3 heures du matin, il est très curieux. Je l’ai connu petit. Il avait du gaz comme le père. Je comprends la vexation de Damian Penaud surtout que tu joues l’Irlande lors du match d’ouverture du Tournoi. C’est un match qui compte car tu as envie de jouer ces matches. Tu n’y es pas, tu es blessé, mais il est blessé pour mieux revenir car il est trop puissant en attaque et il pue le rugby. »
Enfin, l’ex-avant conclut sur la relation entre le sélectionneur et ses cadres : « Pour sa part, Fabien Galthié est sélectionneur et il fait des sélections. Parfois, il punit ses cadres. J’ai l’impression que c’est une petite punition pour Damian Penaud. Pour les autres c’est différent mais pour Damian, c’est pour lui dire de se concentrer et de bosser. Mais quand tu as un mec comme ça, tu ne peux pas trop t’en passer. »







