À près de 40 ans, Benjamin Urdapilleta refuse le repos pour embrasser un dernier défi en Top 14. De retour en France depuis novembre, l’ouvreur argentin s’est rapidement imposé comme le pilier technique et spirituel de l’USAP, engagée dans une lutte acharnée pour sa survie dans l’élite du rugby français. Ce samedi, face à Montauban (16h35), le « vétéran » prendra une nouvelle fois les commandes avec une mission claire : sauver le club catalan.
Un caractère de feu qui ne faiblit pas
Dans le vestiaire perpignanais, l’arrivée d’Urdapilleta a fait forte impression. Son compatriote Jeronimo De La Fuente sourit en évoquant son exigence sans faille : « Il est insupportable ! » Derrière cette boutade, se cache un compétiteur féroce, un homme qui déteste la défaite. Ses statistiques parlent d’elles-mêmes. Contre son ancien club, Clermont, il a été l’artisan de la première victoire de la saison, marquant 16 points au pied. « On l’a vu contre Clermont. Même si c’était son ancien club en face, il a sorti un grand match », souligne De La Fuente.
La gestion « à la carte » de Laurent Labit
À 39 ans – il fêtera ses 40 ans le 11 mars –, Urdapilleta nécessite une gestion rigoureuse pour préserver son corps. Laurent Labit, le manager de l’USAP, l’a parfaitement compris. Pour maintenir son leader au sommet lors des rencontres cruciales, l’équipe médicale et le staff lui ménagent du repos. Urdapilleta ne joue pas tous les matchs : il a été épargné lors des rencontres de Coupe d’Europe et a même pu revenir en Argentine à Noël pour revoir sa famille. Ce samedi, il disputera seulement son cinquième match sur dix depuis son arrivée, une stratégie payante puisque sur le terrain, même blessé, il se donne à fond, comme en témoigne sa performance face à Toulouse malgré une coupure au genou droit.
Plus qu’un joueur, un patron
Face à la concurrence des jeunes talents comme Hugo Reus ou Antoine Aucagne, « Urda » reste le chef incontesté du vestiaire. Son influence dépasse largement le cadre du jeu : il conseille, dirige et booste un groupe souvent en manque de confiance cette saison. Selon De La Fuente, son investissement est total : « Il veut laisser sa marque à l’USAP. Ses performances parlent pour lui, il est impliqué dans notre projet de jeu, il parle beaucoup, il nous a fait beaucoup de bien. » Pour l’heure, le pari fou du retour du vétéran argentin semble un coup de maître. Reste à transformer cette réussite en maintien définitif dans l’élite.







