Le Castres Olympique met fin à la série d’invincibilité impressionnante de Bayonne à Jean-Dauger
Ce samedi, le Castres Olympique a renoué avec la victoire à Jean-Dauger, infligeant aux Basques une défaite serrée (10-13) et mettant un terme à une série d’invincibilité à domicile qui durait depuis 21 rencontres en Top 14. Le dernier succès des Tarnais sur cette pelouse remontait déjà au 8 juin 2024, une éternité dans le paysage du championnat.
Dans une rencontre disputée sous la pluie et le vent, le suspense a atteint son paroxysme dans les toutes dernières secondes. À 42 mouvements de trotteuse de la sirène, Bayonne mené 13-10 s’est vu offrir une pénalité très favorable à cinq mètres de l’en-but adverse. Refusant de jouer la sécurité, les Bleus et Blancs ont décidé « entre un match nul à deux points ou un point de bonus, l’intérêt est plus de gagner ce soir », comme l’a expliqué leur capitaine Arthur Iturria, préférant tenter une percée victorieux plutôt que de prendre trois points.
La mise en jeu a vu le retour de Tevita Tatafu, 140 kg de puissance, pour ses premières minutes de la saison. L’objectif : briser la défense castraise et décrocher la victoire. Mais les Tarnais, galvanisés par leur performance héroïque face au Munster la semaine précédente en Champions Cup, ont tenu bon dans une résistance acharnée.
Sur le banc du CO, Xavier Sadourny confiait son anxiété : « Avec les porteurs qu’ils ont je me dis que ça va être compliqué. Je croise les doigts, je ferme les yeux, j’attends que ça passe, si j’avais pu aller mettre un cierge j’y serais allé mais je n’avais pas le temps. »
Bayonne a poussé jusqu’au bout, la dernière action virant au tumulte : après un en-avant de Yohan Orabé, finalement Mattéo Carreras aplati le ballon mais l’arbitre Benoit Rousselet a annulé l’essai pour hors-jeu. Bayonne a tenté une ultime offensive, mais la défense castraise a su repousser toutes les offensives, laissant les locaux sur une amère défaite, la première à Jean-Dauger depuis près de deux ans, et toujours face à Castres.
Le succès de Castres repose sur une solidarité exemplaire, un groupe soudé rappelé par le coach Sadourny : « Des gars qui s’apprécient entre eux, c’est presque plus que ça même si je ne vais pas jusqu’à dire de l’amour mais je savais qu’on ne lâcherait pas. » Le capitaine Baptiste Delaporte souligne la portée historique du coup : « On s’est dit qu’on l’avait déjà fait, que c’était le moment opportun pour le refaire. Cela fait même trois fois que je viens gagner ici. À l’époque, il y avait des Algeco, on se changeait là (à l’endroit de la salle de presse). Ça ne me rajeunit pas. »
Pour Castres, cette victoire revêt aussi une signification particulière, vierge d’une pluie qui, selon l’ouvreur Jeremy Fernandez, semble porter chance : « Il y a deux ans pour ceux qui s’en souviennent, c’était les mêmes conditions météo. S’il peut pleuvoir tous les ans quand on vient ici ça m’arrange. » Mais Fernandez reste lucide sur le passé récent : « La dernière fois ça ne nous a pas souri. C’était le dernier match de la saison, on a été qualifié pendant 2’30 et le Racing gagne à La Rochelle au dernier moment alors on ne s’était pas qualifié pour les phases finales. J’espère que cette année ça nous sourira un peu plus. »
Du côté basque, la défaite fait mal. Bayonne, 11e au classement, voit ses ambitions de phases finales s’éloigner. « On s’est réveillé les cinq dernières minutes et ça ne peut pas fonctionner », regrette Arthur Iturria. « On savait que la petite étoile qu’on avait au-dessus de la tête allait bien tomber un jour car quand tu ne maîtrises pas un match pendant 80 minutes, tu n’as pas toujours un essai à la dernière minute qui vient te sauver donc à nous d’en tirer des conclusions. Peut-être que ça va nous faire du bien. En tout cas, ça nous a mis une claque. Cette défaite va nous mettre à rude épreuve et on va voir le caractère de chacun. »
Le prochain défi sera d’ampleur puisque Bayonne se déplace sur la pelouse du leader Toulouse la semaine prochaine. Une rencontre que le capitaine bayonnais aborde avec pragmatisme : « Parfait pour se relancer non? Chez ce qui se fait de mieux », conclut-il, amer. La réception du Racing pourrait être l’occasion de remettre la machine à l’endroit et redonner le sourire aux supporters de Jean-Dauger, partis du stade le moral dans les chaussettes.
Via RMC Sport







