
Le réveil a été brutal pour l’Union Bordeaux-Bègles. Après un parcours quasi parfait en Champions Cup, le club girondin a subi une lourde défaite à domicile face au Stade Français (28-33). Plus qu’un simple revers, ce match a mis en lumière les limites profondes d’un effectif visiblement épuisé, incapable de soutenir le rythme effréné imposé par son double engagement en Championnat et en Coupe d’Europe. Pour Yannick Bru, le constat est sans appel : « Sauf exploit de notre part, sauf accident majeur de nos concurrents, ça ne sera pas possible [le Top 2]. On va chasser un barrage à domicile. Aujourd’hui, on voit qu’en termes d’effectif pour chasser les deux compétitions… les joueurs ne sont pas des robots. »
Le manager bordelais refuse les excuses, soulignant que la baisse d’énergie, flagrante dès les premières minutes avec un 14-0 encaissé, est le prix à payer d’un calendrier intenable : « Les joueurs ne sont pas des robots », martèle-t-il. Le centre Pablo Uberti partage cette analyse, pointant la fatigue accumulée : « Sans se trouver d’excuses, on a lâché pas mal de jus sur les deux dernières semaines. Il y a eu un peu de rotations, on savait qu’on devait se partager le temps de jeu, mais il y a des mecs qui ont beaucoup joué. »
Cette défaite coïncide aussi avec l’absence de cadres majeurs. En touche, l’alignement a perdu huit ballons sans le leadership de Cameron Woki. Mais c’est surtout la gestion de Matthieu Jalibert qui fait débat. Sorti dès la 57e minute pour le ménager en vue du Tournoi des Six Nations, son absence s’est fait cruellement sentir. Yannick Bru assume ce pari tactique, mais adresse un avertissement sévère à ses joueurs : « Et si on n’est pas capables de tenir un score sur 25 minutes sans Matthieu Jalibert, on ne gagnera rien cette saison. »
L’UBB entre désormais dans une « période de tous les dangers ». Ce dimanche, huit joueurs clés (Jalibert, Bielle-Biarrey, Moefana, Depoortere, Buros, Lamothe, Woki et Matiu) ont été appelés en équipe de France. À cela s’ajoute une infirmerie pleine à craquer avec Lucu, Retière, Page-Relo, Bochaton ou Cazeaux indisponibles. Sans eux, et face à trois déplacements périlleux, le club girondin doit affronter une phase de survie. « C’est une période de stress, » confie Yannick Bru. « On ne peut pas faire un combat de boxe tous les week-ends. Ça ne s’arrête jamais depuis le mois de novembre… au bout d’un moment, le destin te renvoie l’addition. » Dans ces conditions extrêmes, chaque point gagné sera une petite victoire contre l’épuisement.







