Le public d’Aimé-Giral a longtemps applaudi Peceli Yato, sorti sous une ovation à la 69e minute lors de la victoire bonifiée de l’USAP contre Montauban (31-8). Auteur d’un doublé et omniprésent dans le combat, le deuxième ligne fidjien a signé une performance de très haut niveau, incarnant la puissance et l’efficacité retrouvées des Sang et Or dans des conditions difficiles.
Si Yato a frôlé un triplé juste avant la pause, manquant de peu un ballon échappé, son manager Laurent Labit ne lui en a pas tenu rigueur après la rencontre. Pour le technicien catalan, retrouver un Yato à ce niveau change totalement la donne tactique. Il a confié à L’Indépendant : « Aujourd’hui, Peceli est le joueur que tout le monde connaît. Forcément, quand il est comme ça, c’est très difficile pour les adversaires. Déjà, le prendre une fois c’est compliqué. Quand on le voit revenir, c’est encore plus compliqué. »
Les Montalbanais en ont fait l’expérience à onze reprises, reçues plein axe. Résultat : deux essais signés Yato en dix minutes (19e, 29e), qui ont offert le bonus offensif aux Catalans avant la demi-heure de jeu. D’abord après un départ au ras d’un ruck, puis en concluant un mouvement de puissance initié derrière un ballon porté.
L’axe Tanguy-Yato, véritable colonne vertébrale de l’USAP, a dominé le terrain. Mathieu Tanguy, coéquipier de deuxième ligne, confirme que la stratégie était claire : « On avait établi qu’au cœur du jeu, Montauban était plutôt friable. Et aujourd’hui, avec des mecs comme Peceli, on a quand même des armes pour être performant. » Yato a parcouru 49 mètres ballon en main et battu quatre défenseurs, tandis que Tanguy brillait en défense avec 8 plaquages réussis sur 9 et un rôle clé dans la perturbation des sorties de balle adverses. À leurs côtés, la densité physique apportée par Sama Malolo, Joaquín Oviedo et Posolo Tuilagi a contribué à étouffer les Sapiacains.
Du côté de Montauban, l’entraîneur Sébastien Tillous-Borde a dû constater l’impuissance de ses joueurs face à la violence catalane : « On savait très bien qu’ils savaient trouver de l’avancée auprès des rucks […] Quand il pleut comme ça, on sait très bien qu’ils ne vont pas faire deux sautées. À un moment donné, il faut resserrer les lignes, se mettre plus proche des rucks. »
Avec un Peceli Yato retrouvé après sa blessure au genou, l’USAP affiche désormais des certitudes. Soutenue par une deuxième ligne souveraine, la formation catalane prouve qu’elle dispose des armes nécessaires pour remporter les duels physiques, quelles que soient les conditions climatiques.







